Une politique autre que celle des murs
Que peut l’Europe face à la construction de murs séparant ses partenaires? Elle n’est pas un gendarme, ni un juge. Mais un moteur guidé par la volonté de rapprocher et de consolider l’esprit du dialogue. Un visionnaire explicite…
L’Europe n’est pas un gendarme, mais…
Il n’en fallait pas plus pour annoncer la mort du partenariat destiné à bâtir une zone de paix, de prospérité et de stabilité. Le processus s’est d’un coup résumé au confit israélo-palestinien, avec l’Europe en ligne de mire comme responsable et coupable d’une faiblesse congénitale à ne pouvoir contraindre par la force ses partenaires les plus récalcitrants. Ceux-là resteront déçus. L’Europe n’entend pas se transformer en juge ou en gendarme. Jamais la force n’a engendré la paix, tout comme la politique de la chaise vide de certains partenaires n’a jamais apporté de solutions aux problèmes.
De plus, l’Europe n’est pas un modèle mais un moteur dont la « force d’attraction massive » restera le dialogue, l’ouverture et l’intégration. Ces trois principes ont dicté la réflexion sur les forces et les faiblesses de Barcelone ainsi que sur l’avenir du processus face à la nouvelle géographie de l’Europe. Bien sûr, il était nécessaire de passer à la vitesse supérieure pour consolider les bases d’une coopération déjà existante, tout comme il était essentiel de préserver les acquis du Partenariat euro-méditerranéen.
PEV égale coopération
La Politique européenne de voisinage représente aujourd’hui un niveau de coopération encore jamais égalé et à laquelle cinq pays se sont déjà arrimés. Peu importe le rythme de chacun puisque l’objectif final n’est pas de gagner une médaille mais d’obtenir une place à la table des politiques européennes, d’intégrer un marché de 450 millions de consommateurs et de bénéficier des quatre libertés essentielles : libre circulation des biens, des marchandises, des capitaux et des personnes.
Changer de nom d’instrument, modifier les termes de la coopération et augmenter les possibilités d’intégration sont-ils suffisants pour abattre les murs et crier victoire ? Certes non, car les politiques sont faites par les hommes. Parce que nos frontières sont inamovibles, parce que nos peuples ne cessent de se croiser, parce que nous avons besoin les uns des autres, parce que les nouvelles générations refusent les guerres, nous avons un destin commun. Seule la vision de ce destin reste encore différente. La pertinence d’une telle politique ne tient pas au nombre de zéros alignés dans les conventions de financement. Elle ne tient pas non plus à la volonté de certains d’ériger l’Europe en bouclier politique contre les États-Unis. Elle réside définitivement dans la volonté des hommes d’État à avoir de l’ambition pour leur pays.
Patrick Renauld
Chef de la Délégation de la Commission Européenne au Liban
(Cahiers Euromed, 2005)

Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









A la question "Que peut faire l'Europe?" face à la construction de séparation entre Israël et les territoires palestiniens, l'Europe ne peut certainement pas prendre une position neutre, ni juge ni gendarme, l’Europe a avant tout un devoir "historique' et 'Ethique' par rapport à cette politique des murs. C’est se trahir que de se contenter du triste rôle de témoin passif. Je considère que l'Europe se doit de bâtir son propre mur, un mur de valeurs et d’humanisme, face à cette anomalie pour aujourd'hui et pour demain. Ce n'est pas un mur qui mettra fin au conflit mais la primauté du droit à la vie, à la liberté sous toutes ses facettes.