Une coopération gagnant-gagnant
Créé en 2005, le réseau Femise peut aisément être considéré comme un modèle de coopération positive entre les deux rives de la Méditerranée. En voilà quelques volets significatifs.
Najet Belhatem - Le Caire, Eurojar
«C’est un cas unique dans le sens où il fonctionne sur un mode démocratique basé sur l’égalité et il réunit sur ces fondements 80 centres de recherches», lance fièrement le président du Femise Ahmad Galal. Le Forum Euroméditérranéen des Instituts de Recherches Economiques, ou Femise, est une association à but non lucratif. «L’idée a pris naissance d’une manière fortuite. Il s’est trouvé qu’à l’époque le centre égyptien, Egypt Economic Research Forum, s’est tourné vers l’UE à la recherche d’une possible coopération au même moment où l’Institut de la Méditerranée en faisait de même. Les deux sont entrés en contact via l’UE et l’aventure a commencé» dit M. Galal.
Ce réseau compte aujourd’hui 80 membres, instituts représentant les 44 partenaires du processus de Barcelone et de l’Union pour la Méditerranée (dont les 27 pays de l’Union Européenne et les 10 partenaires du sud de la Méditerranée), qui ont pour principal objet de réaliser des recherches socio-économiques et politiques. Tout ce monde collabore ensemble dans un rapport de gagnant-gagnant.
Les centres du Nord peuvent être plus pointus en matière de recherche, «ce qui n’empêche pas que dans ce domaine les centres du Sud n’ont souvent rien à envier à leur semblables du Nord», relève Ahmad Galal, les centres du Sud connaissant mieux que quiconque les conditions de leurs pays. «Ce mariage si l’on peut dire renforce la qualité des recherches», commente-t-il. L’autre atout majeur de ce forum est son indépendance même s’il est soutenu par la Commission Européenne dans le cadre du volet régional de MEDA: «Nous avons une totale liberté d’action», ajoute M. Galal.
Le travail de recherches du Femise a-t-il pour autant un impact sur la réalité? «La connaissance ne se traduit pas nécessairement en réalité pratique, la décision finale est toujours d’ordre politique. Mais nous sommes souvent conviés en tant qu’experts à des réunions de décideurs», rétorque-t-il.
Que pense-t-il de la crise?
Le Femise a pour but de publier ces recherches via son site (www.femise.org). Il publie également un rapport annuel sur une question majeure de la région de la Méditerranée. Le cru de 2009 se penche sur «Les pays méditerranéens face à la crise» où il creuse en profondeur les risques et propose des issues de secours. «L’enjeu à ce moment est que les effets de la crise ne conduisent pas à un repli qui ferait perdre le bénéfice d’un long cheminement».
Justement ces effets atteindront les économies du sud par des chemins détournés: «La crise suit un processus inverse à celui des pays développés où elle a trouvé son origine. Elle se manifeste en premier lieu par le jeu d’effets-revenus qui se traduisent par une diminution sensible de la croissance du PIB en raison de la baisse des exportations suite à celle de la demande externe, puis une diminution des transferts des immigrés, des revenus du tourisme et des entrées nettes d’investissements directs étrangers», explique le rapport.
Le rapport avance que l’Europe qui a engagé les PM dans la réforme économique doit prendre ses responsabilités, mais comment le faire au moment où cette même Europe doit courir au secours de la Grèce, avec un œil sur l’Espagne?
«C’est une question qui s’inscrit sous une autre plus générale. Depuis Barcelone en passant par les accords d’association et pour finir avec l’Union pour la Méditerranée, il n’y a pas eu de réflexion sur les mécanismes en cas d’urgences comme c’est le cas avec cette crise. Il y a un déséquilibre structurel dès le départ. C’est comme si le but derrière toute cette histoire n’était pas clair», note Ahmad Galal. Le rapport ne manque pas de signaler d’ailleurs que la crise «accélère le processus du déséquilibre commercial qui accompagne tendancieusement les PM, depuis le choix de l’ouverture asymétrique qui a été retenue dès l’installation du processus de Barcelone.»
Or les PM auraient dû tabler sur une plus forte compétitivité de leurs produits: «l’intégration réussie passe par la compétitivité», note le rapport. «Une part de la responsabilité incombe aux responsables dans les pays du Sud puisque même avec le système des quotas, ils n’ont pas réussi à investir les marchés européens», poursuit Galal.
L’autre défaillance des PM est une coopération sud-sud qui traîne les pieds: «Les échanges entre les pays de la Méditerranée sont limités à 5% de leurs échanges extérieurs… La coopération sud-sud aurait pu constituer un relais de croissance permettant aux PM de mieux résister», relève le rapport du Femise.
Voir le site: www.femise.org

A mon avis, les pays du Processus de Barcelone doivent se servir des études du Réseau FEMISE et tirer profit des recommandations en découlant. Ces recherches socioéconomiques sont établies avec la participation effective des chercheurs de la région, qui connaissent mieux la réalité des questions et problèmes euro-méditerranéens. Ceci contribuera à l’amélioration des processus de décision, à réduire l’incertitude et à mieux évaluer les risques et opportunités associés aux mesures proposées. Un simple survol des études déjà réalisées par ce réseau, dévoilera sans doute l’intérêt qu’accordent ces chercheurs à la résolution de ces questions.
Tout processus décisionnel ne peut être, à mon avis, productif et efficace que s’il a été fondé sur des recherches fiables et tangibles. Certes, les pays de la rive sud de la méditerranée n’accordent pas l’importance requise au lien existant entre « recherche économique » et « prise de décision ». Cependant, en tenant compte de leurs expériences, les pays de l’UE, par souci du développement des projets et de résolution des problèmes communs, pourraient assister leurs partenaires dans l’établissement et la maîtrise de cet indispensable lien. Chose qui serait plus avantageuse, si le « politicien euro-méditerranéen » écoute et priorise son « conseiller voisin », le « chercheur euro-méditerranéen ».
Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









Bonjour, je pense que les dires de Mr Galal manquent de vision lointaine concernant la coopération sud-nord. La crise mondiale qui a touché plus nos voisin du nord ne laisse pas une bonne marche pour amélioré cette coopération et si on ajoute la politique limité de nos chefs du sud ils creusent se déséquilibre des échanges, culture, technologie et développement.