Rencontre des sciences et des entreprises

01/03/2010


«Appui à la recherche, au développement et à l’innovation technologique en Jordanie»: c’est l’intitulé d’un projet financé par l’UE, visant à renforcer les capacités scientifiques et technologiques de la Jordanie. Le monde des affaires bénéficie également de ce projet.


Nessrine Mansour - Amman, Eurojar

En Jordanie, la recherche scientifique se concentre davantage sur les études théoriques que sur les recherches appliquées et expérimentales, et souffre d’une carence de contacts entre les chercheurs, qui travaillent le plus souvent de manière isolée. Sans compter que le budget qui lui est alloué par le secteur privé est limité. Malgré l’existence de nombreuses études, elles ne sont pas encore exploitées de manière convenable. L’Union européenne s’attelle à renforcer les capacités scientifiques et technologiques du Royaume en soutenant la recherche et l’innovation et en les orientant vers le secteur privé.

Dans ce cadre, un projet financé par l’UE, intitulé «Appui à la recherche, au développement et à l’innovation technologique en Jordanie» (SRTD) a été lancé. Selon Raghda Kilani, directrice du projet, il vise à multiplier les contacts entre les chercheurs jordaniens et leurs homologues européens, à contribuer à la commercialisation des résultats de la recherche et du développement, et à créer des liens entre la recherche et le secteur industriel.

Le projet est financé par l’Union européenne à hauteur de quatre millions d’euros. Raghda Kilani affirme que le Conseil supérieur des sciences et des technologies (CSST) et l’Association jordanienne pour le développement des projets économiques sont en train de financer certaines activités, à travers l’Unité de gestion du projet au sein du CSST. Ainsi, le CSST soutient la recherche et le développement, alors que l’Association jordanienne contribue financièrement à la mise en place de nouvelles entreprises.

Le projet a été lancé en 2007. Depuis, le programme fournit aux chercheurs jordaniens des informations sur les programmes de recherche, de développement et d’innovation financés par l’UE, et les aide à trouver des partenaires de recherche afin de développer leurs idées et de proposer des projets communs.

La recherche dans les universités
Raghda Kilani ajoute qu’un réseau de 52 centres dans les universités privées et publiques, dans les centres de recherche et dans les petites et moyennes entreprises concernées par la recherche scientifique a été mis en place. Sa mission est de disséminer l’information sur les programmes de recherche européens. Chaque centre est géré par un officier de liaison qui met en contact les chercheurs et l’unité de gestion du SRTD.

Les officiers de liaison ont reçu une session de formation pour pouvoir à leur tour transmettre le savoir-faire aux chercheurs travaillant dans leurs institutions. De plus, une série de sessions sur la rédaction de propositions de projets a été organisée pour les officiers de liaison dans le cadre du septième programme cadre de l’UE (FP7), le principal instrument européen pour la recherche, le développement et l’innovation en Europe. Les centres mis en place ont été équipés en ordinateurs et en manuels sur les programmes de recherche financés par l’UE. L’équipe de gestion du projet a conçu de nombreuses campagnes de sensibilisation ainsi que des sessions de présentation du SRTD dans les universités publiques et privées.

Cadre propice pour les entrepreneurs
Les activités du SRTD ne se limitent pas à jeter des passerelles entre la recherche scientifique et le secteur privé. Le projet vise aussi à aider les créatifs et à soutenir les entrepreneurs, à travers des sessions pour renforcer les capacités du personnel des pépinières d’entreprises ; il mène des campagnes de sensibilisation sur l’importance de l’innovation dans le développement durable, et cherche à promouvoir les pépinières d’entreprises comme outils pour développer des idées et servir les intérêts de la société jordanienne.

Les employés des pépinières d’entreprises ont assisté à des sessions de formation sur la stratégie, sur les «business plan» et sur les études de marché. Ils ont aussi participé à des conférences internationales afin de promouvoir leur travail.

Trente entrepreneurs ont reçu des subventions pour développer leurs nouvelles idées dans le cadre des pépinières d’entreprises. De nombreuses idées ont été présentées et évaluées selon des critères bien déterminés. Trente bourses de recherche ont été aussi octroyées. Un comité scientifique a examiné les propositions et a choisi de financer 23 chercheurs. Leurs projets couvrent plusieurs domaines: énergie, environnement, santé, nanotechnologie, agriculture, alimentation, technologies de l’information et de la communication.

Deux nouvelles pépinières d’entreprise ont été établies avec un budget de 170 mille euros et sont devenues membres des Centres jordaniens pour l’innovation. La première, dédiée aux innovatrices, vise à soutenir les femmes d’affaires. La seconde, pépinière de la ville industrielle Hussein Ben Abdallah II à Karak, est spécialisée dans le tourisme et dans l’exploitation des minéraux et des sels de la Mer Morte.

Soutenir les femmes d’affaires
La directrice exécutive du Forum jordanien pour les femmes d’affaires, Rania Khatib, souligne l’importance de favoriser la participation active de la femme. Elle explique que la participation de la femme dans la vie économique est de l’ordre de 16% en Jordanie, alors que la femme constitue la moitié de la population. Elle ajoute: «Si nous voulons donner un vrai élan économique à la Jordanie, la femme devrait être fortement impliquée dans la vie économique.»

L’incubateur dédié aux femmes d’affaires jordaniennes a pu créer de nouvelles opportunités de travail en prenant en charge jusque-là 14 projets dans différents domaines. Rania Khatib assure que «chaque projet qui est approuvé, après consultations et sessions de formation nécessaires, crée de nouvelles opportunités de travail dès son lancement, ce qui contribue à développer l’économie et la société».

Les projets sélectionnés par l’incubateur répondent à des critères bien précis, notamment la proposition d’idées nouvelles et créatives. De plus, la candidate doit jouir d’un leadership évident, avoir une solide confiance en soi et de l’ambition pour réussir.

Dr. Kilani explique que, dans le cadre de ses activités de développement, SRTD soutient l’établissement d’un bureau national pour l’exploitation commerciale de la propriété intellectuelle au sein du centre «Al-Hussein Science City», appelé à devenir le principal centre des activités de transfert de technologie en Jordanie. Le but est aussi de jeter des passerelles entre le monde de la recherche scientifique et celui des affaires dans l’ensemble du pays.

Consulter la fiche projet: Appui à la Recherche, au développement et à l’innovation technologique (Jordanie)