Relations UE-Liban: la société civile s’engage
Les relations entre l’Union Européenne et ses voisins sont structurées par des accords bilatéraux appelés ‘plans d’actions’. Depuis quelques années, ces plans font l’objet de consultations auprès de la société civile au travers des ONG qui la représentent.
Julien Théron - Beyrouth, Eurojar
«Nous avons reçu une réaction du ministre de l’Intérieur Ziad Baroud, confirmant tout ce qui a été proposé et nous assurant qu’il est engagé à mettre en œuvre les aspects qui le concernent, affirme Ziad Abdel Samad, directeur exécutif d’ANND, le Réseau Arabe d’ONGs pour le Développement. De même, Fadi Abboud, ministre du Tourisme, nous a envoyé une lettre de soutien.» Ziad Abdel Samad ne cache pas son contentement devant la réaction positive de deux ministres influents, vis-à-vis du document de révision du plan d’action UE-Liban que son organisation a rédigé. Et l’ANND peut même s’enorgueillir du fait que «le Premier ministre a eu aussi une réaction positive, alors que certains ministres ont émis des propositions.»
La société civile dans les relations bilatérales
Ziad Abdel Samad sait qu’il doit jouer sur les deux tableaux, européen et libanais, pour faire accepter le changement de stratégie socioéconomique qu’ANND prône, à savoir ne pas favoriser la croissance d’une «économie virtuelle» faite de finance et d’immobilier, mais favoriser le développement dans le cadre d’une «économie réelle», ayant pour base la production nationale.
Il reconnait que c’est surtout au niveau national que doivent s’établir les priorités. «l’UE ne peut pas décider à notre place de la stratégie nationale, affirme-t-il, puisque c’est une stratégie adoptée par le gouvernement.» Mais il n’en regrette pas moins le manque de retombées de ses recommandations, notamment du côté européen. «Dans une réunion avec le représentant de l’Union Européenne qui a eu lieu en 2009, affirme-t-il, j’ai posé la question de la nécessité de réviser tous les aspects concernant les instruments de la politique de partenariat sous la pression de la crise économique mondiale. À l’époque, ils ont dit : nous n’avons pas le temps.»
Les plans d’action sont signés pour une période pluriannuelle, en l’occurrence 2007-2013, ce qui limite en effet la marge de manœuvre, toute modification de stratégie entraînant la remise en cause de l’accord bilatéral. Comme l’explique Michael Miller, chef de la section Politique/ Economie/ Commerce/ de la Délégation de l'Union européenne au Liban, «nous ne sommes pas au stade de la renégociation du plan d’action. Nous devons déjà mettre en place ce qui a déjà été convenu.» Il se veut néanmoins absolument dynamique sur le dialogue avec la société civile. «C’est une priorité pour nous», rétorque-t-il.
Entre lobbying et tables-rondes
Dans un pays, comme le Liban, où les réseaux sont à la base de l’organisation de la société et des communautés, il est évident que le lobbying constitue le premier des moyens d’action pour la société civile. La constitution de plusieurs ONG en réseau (ANND), ainsi qu’en ‘Plateforme’, répond à un mouvement naturel pour se faire entendre, surtout du gouvernement.
La rédaction de rapports intervient ensuite afin d’officialiser les requêtes des ONG participantes. Et ces rapports sont envoyés aux membres concernés du gouvernement, avec, en copie, la Délégation de l'Union européenne au Liban et la Commission européenne. «On n’a rien reçu de la part de l’Union européenne, s’inquiète Ziad Abdel Samad, bien que les deux documents aient été préparés à la suite d’un appel lancé par l’UE. Nous avons vu le rapport d'avancement de la Politique européenne de Voisinage publié le 12 mai 2010, mais je crois qu’ils n’ont pas pris en considération la plupart des idées que nous avons développées.»
Michael Miller plaide pourtant pour une ouverture totale de la Délégation de l'Union européenne au dialogue direct avec la société civile. En plus des instruments financiers d’aide aux ONG qu’il qualifie de très actives et efficaces, «certainement grâce à la qualité des ONG qui viennent vers nous avec de très bonnes propositions de projets», M. Miller certifie que la Délégation est de la meilleure volonté dans cette collaboration qu’il juge très positive.
«Nos portes sont toujours ouvertes, déclare M. Miller. Il n’y a pas une seule ONG qui ait souhaité avoir un rendez-vous avec la délégation ou avec moi et qu’on ait refusé de rencontrer. Nous sommes ouverts à tous ! Je pense que nous avons un dialogue extrêmement productif avec les ONG. […] Je suis toujours heureux de les recevoir car c’est ainsi que nous obtenons nos informations, que nous sommes capables de mieux juger ce qui se passe sur le terrain».
Et l’Union européenne ne ménage pas ses efforts afin de cultiver ce dialogue avec la société civile. Comme le raconte M. Miller, la Délégation a «organisé, en octobre de l’année passée, un débat public ouvert à quiconque souhaitait venir et discuter avec nous et avec les autorités libanaises de la mise en place du plan d’action de la politique de voisinage, et de la manière dont il peut être amélioré. Nous avons eu beaucoup de consultations, environ 700 participants. Nous avons invité tous ceux avec qui nous sommes en contact, c'est-à-dire à peu près tout le monde, et nous avons en plus mis des annonces dans les journaux. Le but ultime était de s’engager dans un débat triangulaire, entre nous (l’UE), les autorités libanaises et la société civile dans le pays.»
Aucun doute donc sur la propension au dialogue de l’UE avec la société civile libanaise, sur l’écoute attentive des gouvernants ou encore sur la motivation des ONG. Reste à savoir dans quelle mesure les recommandations de la société civile seront suivies, et, plus encore, quel sera le poids de celle-ci, en 2013, lors d’une renégociation voulue ‘triangulaire’ d’un plan d’action ‘bilatéral’.

Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie








