Recréer un lien entre les Palestiniens et leur patrimoine naturel

Dans le cadre du programme de l'UE «Mutual Heritage», l'ONG palestinienne Riwaq a mis au point un circuit de deux jours qui traverse huit villages et un camp de réfugiés situés le long d'un arc Ramallah-Jéricho.
Benjamin Barthe - Cisjordanie, L’Orient-Le Jour
Dans les territoires occupés, la moindre activité, la plus anodine soit-elle, prend souvent des allures de parcours d'obstacles. C'est le cas des promenades dans la campagne. La perspective de zigzaguer entre les check-points, les miradors et les colonies israéliennes ôte souvent aux Palestiniens l'envie de flâner dans les collines de Cisjordanie. «Chacun de nous vit dans une petite prison: la prison de Ramallah, la prison de Naplouse, la prison de Jénine, etc., explique Ghada Moubarak, coordinatrice de projet à Riwaq, une ONG basée à Ramallah et spécialisée dans la restauration architecturale. Nous avons peur de sortir. Notre seule relation avec le paysage, c'est à travers la fenêtre du taxi collectif.» Perte de contact avec la nature, fragmentation de l'espace de vie: c'est tout un pan de leur patrimoine rural qui menace de disparaître de la conscience collective des Palestiniens.
Pour endiguer ce processus, l'association Riwaq s'est insérée dans le programme «Mutual Heritage». Financé par l'Union européenne et mené en parallèle dans cinq pays (Palestine, France, Italie, Maroc et Tunisie), «Mutual Heritage» vise à promouvoir le patrimoine architectural des campagnes méditerranéennes et à l'intégrer dans le quotidien des villes. «L'intégration est la meilleure solution pour engendrer un processus de développement territorial soucieux de la population locale ainsi que pour pérenniser l'héritage historique et valoriser le patrimoine historique», explique Roméo Carabelli, professeur à l'université de Tours, en France, qui est l'un des parrains de «Mutual Heritage».
En Palestine, ce projet a d'ores et déjà débouché sur la mise au point d'un circuit de ballade qui traverse huit villages et un camp de réfugiés, situés le long d'un arc Ramallah-Jéricho. Le trajet, qui dure deux jours, mêle visite de sites archéologiques, découverte de traditions rurales, initiation à la gastronomie locale et nuit en hôtel ou chez l'habitant. «Le tourisme, ça commence quand on passe au moins une nuit sur place, souligne Farhat Youssef, directeur de l'unité de planification de Riwaq. Faire la tournée des monuments au pas de course, comme ces groupes qui restent deux minutes dans l'église de la Nativité à Bethléem, et qui repartent aussitôt, ça ne nous intéresse pas. Nous visons une clientèle interne, soit palestinienne, soit d'étrangers qui réside en Palestine. Nous voulons que son passage profite aux communautés locales.»
Le sentier dessiné par Riwaq serpente notamment dans les ruelles du camp de Jalazone, témoin du traumatisme de la Nakba, l'exode forcé de 700 mille Palestiniens en 1948, lors de la création d'Israël. Il passe aussi par les tourelles de pierre éparpillées dans les champs de Silwad. Tourelles qui étaient utilisées par les paysans au XIXe siècle pour protéger les récoltes des pillards. Il s'arrête dans la brasserie de Nadim Khoury, la seule de Palestine, fierté du village chrétien de Taybeh. Il rentre dans les vieilles demeures ottomanes de Bir Zeït et Jifna. Et il comprend, bien sûr, quelques haltes dans les restaurants des environs.
S'adapter au calendrier des régions
«Dans le sillage de ce sentier, nous voulons créer une dynamique de développement, explique Farhat Youssef. À Jifna, nous avons convaincu une famille qui gérait une petite pension, fermée depuis le début de l'intifada en 2000, de la rouvrir. À Taybeh, nous avons obtenu d'une vingtaine de propriétaires de bâtisses ottomanes que nous avions réhabilitées qu'ils financent des travaux de restauration à l'intérieur.»
Le circuit prévoit en outre de s'adapter au calendrier des évènements de la région: la semaine du patrimoine en juin à Bir Zeït; le festival de l'abricot à Jifna en juillet et la fête de la Bière en octobre à Taybeh.
Ce tourisme vert et alternatif assume aussi sa dimension politique. Si Riwaq parie sur le potentiel de sites ruraux souvent méconnus, c'est aussi parce que les itinéraires classiques balisés par l'église de la Nativité à Bethléem, celle du Saint-Sépulcre à Jérusalem et les sites de la vallée du Jourdain profitent principalement aux professionnels israéliens. En incitant les Palestiniens à se réapproprier leur environnement naturel, Riwaq s'efforce de recoller les morceaux d'un territoire haché par les dispositifs d'occupation israéliens comme le mur, les routes de contournements réservées aux colons et les barrages militaires. «Les Israéliens veulent changer le paysage de la Palestine, dit Ghada Moubarak. Ils ont tenté à une époque de planter des espèces d'arbres européens, comme le chêne, en lieu et place de la végétation traditionnelle. Nous combattons cette approche. Nous voulons restaurer un lien direct et originel entre les Palestiniens et la nature.» L'intifada verte a commencé.
Consulter la fiche projet: Euromed Heritage IV (Territoires palestiniens)

J'ai apprécié cette tentative de la part de Riwak et de l'union européenne de relier les palestiniens à leur terre. Les palestiniens peuvent désormais créer de nouveau un lien avec leur milieu d'origine et de restituer leur enracinement dans cette terre. Depuis longtemps, les Palestiniens ont dû vivre le déracinement, beaucoup d'entre eux sont des réfugiés et vivent loin de leurs pays dans des mauvaises conditions. Espérons un jour qu'ils reviennent pour recréer ce lien avec leur terre dont ils possèdent tout le droit de libérer.
Heureuse initiative que celle mise en œuvre par l’ONG Riwak dans cette quête de réappropriation de leur patrimoine culturel par les Palestiniens. Elle permettra au moins de respirer l’air d’un peuple en attente d’un Etat, d’une terre irriguée de larmes et de sang. Il s’agit aussi d’expliquer durant ces visites guidées que ce patrimoine n’appartient pas seulement aux Palestiniens et aux Israéliens, c’est le patrimoine de toute l’humanité et que l’humanité a besoin de paix dans cette région pour pouvoir en profiter, pour peu qu’elle se mobilise sérieusement pour le bien de tous... Sinon comment s’assurer que le rêve avec lequel le visiteur reviendra dans sa « prison » soit le bon? Comment s’assurer de l’intensité du rêve d’une terre à libérer?
Heureuse initiative que celle mise en œuvre par l’ONG Riwak dans cette quête de réappropriation de leur patrimoine culturel par les Palestiniens. Elle permettra au moins de respirer l’air d’un peuple en attente d’un Etat, d’une terre irriguée de larmes et de sang. Il s’agit aussi d’expliquer durant ces visites guidées que ce patrimoine n’appartient pas seulement aux Palestiniens et aux Israéliens, c’est le patrimoine de toute l’humanité et que l’humanité a besoin de paix dans cette région pour pouvoir en profiter, pour peu qu’elle se mobilise sérieusement pour le bien de tous. Sinon comment s’assurer que le rêve avec lequel le visiteur reviendra dans sa « prison » soit le bon ? Comment s’assurer de l’intensité du rêve d’une terre à libérer après plusieurs années de Nakba dans l’esprit des générations à venir ? Car il faut espérer que c’est d’elles qu’il s’agit. Les précédentes ont échoué.
Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









Bonjour au peuple palestinien qui n'a pas le droit de profiter de son propre pays, vu les réactions agressives de la part des israéliens. Pourquoi cette haine aveugle? Notre unique espoir est de voir ce pays plus avancé dans tous les domaines à partir de l'obtention légale et intégrale de leur propre terre qui est la Palestine, sans oublier leur gouvernement et leur bien aimable peuple qui attendent avec impatience leur libération et leur indépendance. Israel n'a pas de terre, mais malheureusement elle exige malgré tout sa présence sur cette terre sans aucune preuve, sans aucun témoin.