Réduire le chômage et la pauvreté des réfugiés palestiniens

Avec 56% de chômage pour les 15 à 29 ans, les camps palestiniens en Syrie vivent une situation critique. Le projet Seeds tente de pallier au manque de formation pour réduire ce taux.
Nourddine al-Aathar - Damas, Eurojar
«Nous proposons de nouvelles idées de manière pragmatique, nous permettant de construire nos projets nous-mêmes, alors que nous avions auparavant besoin d’orientation continue». C’est en ces termes que Diana Madi, 21 ans, résume son expérience au sein du projet «Seeds» dans le Centre de formation de Damas, placé sous la houlette de l’Union européenne. Un projet qui est consacré aux réfugiés palestiniens dans les camps. «J’y ai adhéré pour renforcer mon savoir-faire, afin de décrocher un emploi qui m’arrache des conditions économiques difficiles», ajoute-t-elle.
Diana et ses camarades ont reçu une formation de trois mois dans le cadre de ce programme. Cela leur a permis d’acquérir les connaissances nécessaires pour établir des études de faisabilité pour de nouveaux projets viables. Diana explique: «Nous avons eu l’idée d’un nouveau projet visant à mettre en place un club pour les enfants de 5-6 ans, pour leur enseigner le savoir-vivre de manière ludique. Ainsi, une fois mis en place, nous aurons réussi à créer des opportunités de travail pour nous et pour d’autres, réduisant ainsi le taux de chômage à l’intérieur des camps».
Diana travaille actuellement en tant que bénévole dans le Centre de formation de Damas afin de renforcer ses connaissances en matière informatique. Elle cherche en même temps avec optimisme des organismes pour financer son projet.

Le projet Seeds fait partie d’un programme de 2,5 millions d’euros. Il est supervisé par l’UNRWA «afin d’augmenter les opportunités d’emploi des réfugiés palestiniens en Syrie», avec un financement de l’Union européenne, pour aider les jeunes à faire face à la crise économique et sociale à laquelle ils sont confrontés. Le projet comporte trois stratégies. La première est basée sur l’amélioration des possibilités d’embauche; la deuxième sur la création de services de recrutement efficaces et disponibles dans les camps palestiniens; la troisième sur le développement d’initiatives de petits projets privés.
Les chiffres alarmants, issus d’instances internationales, sur la situation des réfugiés palestiniens en Syrie ont incité l’Union européenne à œuvrer encore plus pour la réduction du taux de chômage et de pauvreté.
Certaines études montrent que la plupart des réfugiés palestiniens en Syrie vivent dans des camps; ils sont ainsi les plus exposés à la pauvreté et au chômage; les opportunités de travail sont limitées; ils possèdent un niveau peu élevé d’éducation et des qualifications limitées. Les études soulignent aussi que 6% des réfugiés vivent avec moins d’un dollar par jour, 25% avec moins de deux dollars. L’organisation norvégienne FAFO souligne que le taux de chômage est de 56% pour les jeunes de 15 à 29 ans, et de 38% pour les 30 à 40 ans.
Les responsables du programme, mis en place en 2006 et qui devrait prendre fin cette année, ont choisi le Centre de formation de Damas, créé en 1961, pour former les réfugiés palestiniens, estimés à 500 mille personnes. Le Centre fournit 13 spécialisations professionnelles aux jeunes ayant terminé le cycle élémentaire et 9 formations pour les titulaires du baccalauréat.

Les responsables du projet relèvent que le Centre propose des formations concordant avec les besoins du marché interne du travail. Il existe aussi de nouvelles spécialisations, dont la publicité et l’électromécanique, non disponibles dans la majorité des universités et des écoles syriennes, et qui pourtant sont fortement sollicitées par les entreprises locales.
La responsable du projet Claude Isakov estime que les réfugiés palestiniens dans les camps sont mis à l’écart du marché du travail. Elle explique: notre rôle est de provoquer une prise de conscience chez les réfugiés et de leur donner une idée des changements survenus sur le marché. Elle ajoute que la plupart des concernés n’ont pas confiance dans le secteur privé, alors même que la plupart des opportunités de travail émanent de ce secteur.
L’équipe du projet a effectué des sessions intensives de trois mois pour les réfugiés palestiniens pendant lesquelles elle a aidé des personnes à capacités limitées: la plupart avait quitté l’école depuis longtemps; ils sont déjà adultes; ils n’ont pas de qualifications spécifiques pour travailler, dont des femmes mariées, et ceux qui souhaitent changer de carrière… Près de 4300 réfugiés ont bénéficié jusque-là du projet. Mme Isakov considère que le projet est important, dans la mesure où il permet la genèse de nouvelles idées. Elle indique que c’était un projet pilote et qu’il s’est limité à cinq camps sur treize en Syrie : Sabina à Damas, Nayrab à Alep, les camps de Latakieh, de Homs et de Daraa.
Tâche d’huile
Ce projet devrait pousser à élargir le champ d’action à tous les camps en Syrie, surtout à la lumière de l’analyse des besoins des résidents. Claude Isakov assure de même que 50% des personnes qui se sont dirigées vers les bureaux de recrutement établis par le projet dans les cinq camps ont obtenu des emplois : Nous avons aussi permis une prise de conscience dans le monde des affaires après avoir bien identifié les conditions de recrutement en Syrie et les besoins du marché du travail.
Les responsables du projet pensent qu’ils ont pu combler le fossé qui sépare le chercheur d’emploi et l’employeur, grâce aux bureaux de recrutement, qui les met en contact.
Afin de pousser les jeunes réfugiés à construire leurs propres projets, les responsables du projet Seeds, en coopération avec «l’Association de la jeunesse» patronnée par la première dame Asma el-Assad, ont formé des étudiants sur trois mois dans le Centre de formation de Damas pour renforcer leurs qualifications professionnelles.
Oula, titulaire d’un diplôme en publicité après deux ans d’études dans ce centre, explique que le programme Seeds est «excellent car il nous a permis de mettre en place des plans de travail pour créer des projets, nous a orientés vers les sources de financement et nous a enseigné la manière de gérer un projet, l’étude du marché, le marketing et la concurrence». Elle a signalé qu’elle a pu fonder, grâce à la formation, sa propre boîte, qui organise les soirées d’anniversaire. Elle donne des idées pour les cartons d’invitation, les jeux préférés des enfants, les gâteaux… Cette initiative a eu un écho favorable auprès des familles concernées.

Ce que fait l’union européenne pour aider les jeunes palestinien est bénéfique pour eux je leur tire chapeaux et je leur dis merci pour votre aide que dieu vous protège
Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









Compte tenu de la détérioration rapide de la situation des populations des territoires palestiniens Israël, en particulier, doit s'abstenir, compte tenu de sa supériorité en termes militaires et de défense, de réagir de manière disproportionnée aux attaques venant de l'autre partie. La communauté internationale, et notamment l'Europe, doit redoubler d'efforts pour éviter que l'évolution récente ne vienne compromettre les progrès réalisés ces dernières années. Solutions proposés :
«faire en sorte que les habitants des territoires palestiniens aient librement accès aux services de santé et bénéficient de la fourniture et de la distribution de ces services.»
«élargir leur protection juridique et leurs droits sociaux
«s'efforcer de promouvoir un cadre institutionnel pluraliste et démocratique, impliquant une plus grande participation de la société civile au processus de décision;»
«créer un Fonds pour le dédommagement des réfugiés palestiniens, en coopération avec les Nations Unies et les parties au conflit;»