Promouvoir la littérature enfantine, un engagement de la Fondation Anna Lindh

Depuis 2006, la Fondation Anna Lindh pour le dialogue des cultures, acteur central du partenariat euro-méditerranéen, est engagée dans un programme visant à développer la lecture chez les enfants au Liban, en Syrie, dans les territoires palestiniens, en Jordanie et en Égypte.
Émilie SUEUR, L'Orient-Le Jour
Créée en 2005, la Fondation euro-méditérranéenne Anna Lindh, qui regroupe plus de quarante États euro-méditerranéens, vise à promouvoir le dialogue entre les peuples et les cultures dans le respect de la diversité. Pour ce faire, elle met en œuvre et soutient différentes initiatives touchant « six domaines stratégiques qui ont un impact significatif sur les perceptions mutuelles parmi les cultures euro-méditerranéennes » : idées et idéologies ; production culturelle ; médias ; religion, spiritualité et valeurs ; villes et diversité ; éducation.
L'un des projets s'inscrivant dans ce dernier domaine, l'éducation, est la promotion de la lecture et de la littérature pour enfants. Lancé en 2006, ce programme, financé par la Swedish International Development Cooperation Agency (SIDA), concerne actuellement cinq pays : la Syrie, la Jordanie, le Liban, l'Égypte et les territoires palestiniens. « Ce programme vise à développer la lecture chez les enfants pauvres, et surtout au niveau des petites filles qui sont les plus grandes victimes des sociétés arabes », explique Nawal Traboulsi, l'une des deux responsables de ce programme. « Ceci est très important, car la lecture est à un mauvais niveau dans le monde arabe », ajoute-t-elle.
L'analphabétisme est, en effet, l'un des plus grands fléaux ravageant le Moyen-Orient. Selon un rapport publié en 2008 par l'Organisation arabe pour l'éducation, la culture et les sciences (Alesco), le monde arabe compte 99,5 millions d'analphabètes, soit 30% de ses 335 millions d'habitants. Les deux principales victimes sont les jeunes et les femmes, puisque 47,5 % des femmes arabes ne savent ni lire ni écrire, selon l'Alesco.
Aider l'enfant à se développer
Pour la Fondation Anna Lindh, il était important de s'engager pour la lecture et la littérature enfantine, car les enfants « sont le cœur du développement ». « Savoir lire va aider l'enfant à se connaître lui-même, à connaître la société dans laquelle il vit et le monde entier. Lire aide l'enfant à se développer et à développer sa société », explique la fondation.
Fidèle à la philosophie de la Fondation Anna Lindh qui promeut le travail à partir de réseaux, le projet pour la promotion de la littérature enfantine implique tous les secteurs concernés : écrivains, éditeurs, bibliothèques, médias, universités, écoles, enseignants, institutions publiques nationales, illustrateurs...
État des lieux
« La première étape de notre projet a consisté à contacter, dans les cinq pays concernés, tous les acteurs ayant un rôle à jouer dans le développement de la littérature enfantine », souligne Nawal Traboulsi. Ensuite, un séminaire a eu lieu qui a permis la production d'un état des lieux de la littérature enfantine et d'un document établissant les critères à partir desquels la qualité des livres pour enfants pourra être évaluée. Par la suite, une « Exposition de 100 livres » a été organisée qui a permis de faire circuler des livres pour enfants et de les exposer au grand public dans les cinq pays. « Cette activité est importante parce qu'il faut comprendre cette richesse dont nous disposons : nous avons la langue arabe en commun », indique Nawal Traboulsi.
Impliquer les autorités concernées
Alors que la première phase du programme s'est achevée, il a été prolongé de trois ans. « Cette année, nous allons lancer des recherches dans chaque pays participant », explique Mme Traboulsi, l'un des thèmes de recherche étant « l'image de l'enfant dans la littérature jeunesse ». « Nous voulons aussi renforcer la coopération régionale dans ce domaine », ajoute-t-elle. L'un des grand défis sera également d'impliquer davantage les ministères nationaux, de les amener à définir une véritable politique de la lecture. « En la matière, le Liban et la Palestine ont déjà des comités pour la lecture au sein des ministères de la Culture. En Syrie, Jordanie et Égypte, c'est un peu plus lent », souligne Mme Traboulsi.
Reste que, trois ans après le lancement du projet, une vague d'enthousiasme s'est formée. « De plus en plus d'ONG et d'associations rejoignent notre projet », explique la responsable. « Je me souviens de cette association égyptienne qui s'occupait de la structure de l'"Exposition de 100 livres". La responsable m'avait dit qu'elle ne s'occuperait du projet que le temps de l'exposition. Au bout d'un mois, elle m'appelle pour me dire qu'elle n'arrive pas à fermer l'exposition, car les parents ne cessent de venir ! Prise dans cet élan d'enthousiasme, elle me propose de faire passer l'exposition dans un orphelinat », raconte Mme Traboulsi, qui lui donne bien sûr le feu vert. Quand la responsable égyptienne se présente à l'orphelinat avec ses livres, la gardienne l'avertit que la date est vraiment mal choisie, car un grand match de foot est programmé ce soir-là. « Elle a dit aux enfants : "Ce n'est pas pas grave. Regardons le match, et après, je vous raconterai une histoire", poursuit Mme Traboulsi. Vous n'allez pas le croire, mais les enfants ont crié qu'ils voulaient l'histoire plutôt que le match de foot!»
Voir le site: Fondation Anna Lindh pour le Dialogue entre les Cultures

Bon en fait, au Liban, malgré les différences entre les programmes qu'offrent les écoles officielles et les écoles publiques, on verra toujours que les élèves sont très passifs, chaque étudiant conçoit l'école comme une prison puisqu’ils ne sont pas encouragés à lire. En effet, c'est le rôle de l'enseignant, mais dommage, la plupart des enseignants ne tiennent pas compte de cela. J'espère bien qu'un jour, le Liban se reconstruira et l’on verra des générations intelligentes.
Il faudra à mon avis améliorer de même le système éducatif pour encourager les enfants (et les jeunes) à lire. La lecture ne devra plus être une corvée, mais un plaisir... comme c'est le cas en Europe par exemple.
Je trouve que cette initiative est très intéressante, surtout qu'elle concerne directement les enfants (les piliers de la socièté de demain). Cependant, je pense que ces activités doivent impliquer directement des ONG implantées dans des régions bien reculées, en leur donnant une marge de manœuvre qui leur permettra de façonner ce projet selon le milieu socio-culturel où elles se trouvent.
Je trouve ces activités extrêmement nécessaires mais reste, malheureusement, l’aspect socio-géographique n’entre pas vraiment au sein de ces fondations…
Je trouve qu’il est nécessaire de pénétrer les régions “difficile” (a aspect extrémiste), afin de combattre le fanatisme et ouvrir les esprits loin des cotes…
Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









Les deux cotés doivent trouver un accord pour construire un pont de 13 km sur la porte méditerranéen entre Gibraltar et Tanger. Il coûtera 5 milliards d'euros. L'Espagne et le Maroc ont besoin de trouver un accord pour construire au future proche un pont de 13 km sur la Méditerranée de l'ouest , afin de relier en voiture Gibraltar à Tanger.