Préservez l’énergie afin de pouvoir cuisiner votre poulet… avant de le manger
Une plateforme de dialogue sur la politique énergétique et une intégration des marchés énergétiques dans le bassin méditerranéen semblent être incontournables. Avec un début d’exécution…
Amina Khairy - Le Caire, Eurojar
La crainte que l’énergie se fasse de plus en plus rare et le problème des énergies non renouvelables ne sont pas toujours en tête des préoccupations des gens. On laisse les lumières allumées sans penser aux manques de sources énergétiques; on considère qu’il est normal de rentrer chez soi et de trouver notre réfrigérateur froid; on projette de passer la nuit dans une chambre climatisée; on regarde des heures durant la télévision, à suivre ce qui se passe dans le monde… mais nous ne ressentons pas vraiment un quelconque déficit énergétique et considérons que le problème ne se pose pas encore.
Il y a quelques années, nous avons pourtant commencé à entendre parler de l’épuisement des ressources énergétiques non renouvelables, qui constituent le pilier de notre vie quotidienne. Le pétrole, le gaz et le charbon pourraient devenir un simple souvenir. Malheureusement, cette hypothèse n’est pas pure fiction. Dans le cadre des solutions proposées pour éviter ce scénario catastrophe, le projet «Soutenir l'intégration et l'amélioration de la sécurité du marché énergétique euro-méditerranéen» (MED-EMIP pour la coopération énergétique) a été mis en place.
Cet intitulé complexe, voire incompréhensible pour de nombreuses personnes, constitue en fait un des piliers de la stratégie énergétique de la Politique européenne de voisinage. Ce projet a été lancé en 2007 et devrait durer jusqu’en 2010. Avec un budget total de 4,5 millions d’euros, il vise à améliorer l’intégration des marchés énergétiques dans la région euro-méditerranéenne et à promouvoir une sécurité énergétique améliorée et durable. Il soutient aussi le transfert de connaissances dans le domaine des énergies renouvelables, encourage leur utilisation par les pays partenaires méditerranéens. Ce programme couvre de nombreux pays, dont la Syrie, la Tunisie, la Turquie, l’Algérie, l’Égypte, le Liban, le Maroc, la Jordanie et les Territoires Palestiniens Occupés.
Spécialisé dans le développement économique et membre de la délégation de la Commission européenne en Egypte, Dr. Ahmad Badr explique que le projet constitue une plateforme régionale de la politique européenne pour les problèmes liés à l’énergie, dans le but d’échanger les expériences et la connaissance sur les énergies renouvelables. Il ajoute que ce projet vise à diversifier les sources d’énergie et à réduire l’impact environnemental des activités liées à l’énergie.
Le fait de parler de l’intégration des marchés énergétiques dans la région euro-méditerranéenne pourrait être source de souci pour certains pays, du moment où les pays des deux rives de la Méditerranée connaissent une inégalité des besoins et de la consommation énergétiques. M. Badr choisit d’emprunter les mots de Dr. Hassan Younès, le ministre égyptien de l’Électricité et de l’Énergie, affirmant que l’intégration énergétique euro-méditerranéenne est «une situation gagnant-gagnant pour les deux rives de la Méditerranée».
Le Nord et le Sud coopèrent pour la bonne cause
M. Badr explique que les ressources énergétiques sur les deux rives de la Méditerranée sont diversifiées et les possibilités de transfert de technologie et d’expériences sont ouvertes. Il ajoute: «Le transfert de technologie de la rive Nord vers la rive Sud devrait permettre l’implantation de structures pour la production de l’énergie solaire dans les pays partenaires de l’Europe ; en contrepartie, une partie de cette énergie sera transférée vers les pays européens. Ceci permettra de créer des emplois dans le Sud et contribuera à l’essor de l’économie de la région.»
L’idée de partenariat et de coopération dans le cadre des ressources énergétiques pourraient sembler inhabituelle; elle est toutefois très logique. Le chef d’équipe du projet d’intégration du marché euro-méditerranéenne de l’énergie, Dr. Albrecht Kaupp, explique que «l’élargissement des réseaux d’électricité à travers la région nécessite une infrastructure d’interconnexion intelligente afin de répondre à la demande croissante en énergie et de permettre de tirer profit de l’énergie renouvelable. Les secteurs public et privé devraient prendre conjointement en charge la réalisation de cet objectif, en fournissant le financement adéquat à l’infrastructure et en mettant en place le cadre légal et organisationnel de ce projet afin d’attirer davantage d’investissements vers le secteur de l’énergie».
M. Kaupp préfère utiliser le terme de «consommation modérée d’énergie» à celui de «l’économie d’énergie». En fait, l’Égypte possède un énorme potentiel pour la production d’énergie renouvelable, solaire et éolienne, et vise à produire 20% de l’ensemble de son énergie à travers ces deux techniques à l’horizon 2020. M. Kaupp soutient cette approche qui, selon lui, nécessite bien plus que des ateliers de travail et des tables rondes. Cela requiert en effet une énorme volonté pour transformer les mots en actions. M. Kaupp admet qu’un tel projet requiert un investissement et un financement importants. Mais il pense aussi que «nous sommes chanceux de pouvoir avoir l’énergie solaire gratuitement ; c’est uniquement la conversion en électricité qui coûte de l’argent». C’est pourquoi il trouve qu’il est plus sage de répartir le coût de l’infrastructure de l’énergie renouvelable et d’en ajouter une partie aux factures actuelles de la consommation électrique provenant de sources non renouvelables. «En Allemagne, par exemple, les abonnés au réseau électrique payent 4% de surcoût sur la facture d’électricité afin de financer l’infrastructure de l’énergie solaire et éolienne», explique M. Kaupp. Il note de même que plusieurs pays en Méditerranée ont pour objectif d’exporter de l’énergie en Europe.
Le réseau, un bon début
M. Badr, de son côté, insiste plus sur le réseau électrique méditerranéen actuellement mis en place, connectant des pays du sud et de l’est de la Méditerranée (sans Israël), notant qu’il commence à être opérationnel dans certains pays. Des efforts sont fournis aujourd’hui afin d’inclure l’ensemble des pays méditerranéens dans ce plan afin d’améliorer la sécurité énergétique et la continuité dans l’ensemble de la région et de réduire les factures d’électricité. Ceci réduira aussi le besoin de construire de nouvelles centrales pour répondre aux besoins croissants en électricité autour du bassin méditerranéen.
A ce niveau, M. Kaupp explique que, dans le passé, les experts ont eu besoin de six décennies pour mettre en place l’infrastructure nécessaire à l’industrie de pétrole et de gaz. Il pense que nous avons besoin de six nouvelles décennies pour mettre en place une infrastructure pour l’énergie renouvelable. «Heureusement, nous avons d’ores et déjà lancé ce projet ; néanmoins, la question est de savoir comment accélérer ces démarches au sud de la Méditerranée comme nous l’avons fait en Europe».
Réveillez-vous!
M. Kaupp pense qu’actuellement un Égyptien lambda, par exemple, ne s’intéresse pas énormément aux problèmes énergétiques, du moment où l’approvisionnement reste régulier dans son pays. M. Kaupp croit que les campagnes de sensibilisation à travers la télévision et les autres supports média ne sont pas les plus efficaces. Une manière plus efficace, selon lui, serait de lancer cette sensibilisation très tôt, en maternelle et dans les écoles primaires, où les enfants peuvent apprendre que les sources d’énergies conventionnelles sont limitées et ne seront plus disponibles à l’avenir…
M. Kaupp rappelle l’anecdote d’un concours qui a eu lieu entre écoliers, qui a consisté à créer un slogan décrivant la manière de réduire la consommation d’énergie chez soi. Un élève propose carrément: «économisez l’énergie, mangez votre poulet cru». Donc, avant de se voir acculés à manger le poulet cru, comme le recommande cet enfant, il serait plus sage de travailler dans le sens d’un réseau d’électricité unifié en Méditerranée et de soutenir les projets financés par l’Union européenne visant à améliorer les projets d’intégration et à sécuriser la fourniture d’énergie.
N.B: Texte traduit de l’original arabe par l’équipe d’Eurojar
Voir le site: MED-EMIP

Les contraintes face à l’accélération d’une politique énergétique améliorée et durable sont nombreuses, mais la contre-réaction environnementale face aux émissions des gaz néfastes ne va pas chercher l’avis ni des politiciens ni des ingénieurs, la réponse serait souvent douloureuse : sécheresse, inondations… La balle est chez les peuples à réagir sans tarder, chacun doit réduire sa consommation d’énergie pour éviter une destruction massive de ce monde. Les méditerranéens sont 450 millions individus, en économisant chacun 24 Kilowattheure par an, ils évitent 21600 Gigawatt heure par an, ce qui est équivalent à arrêter six centrales électriques de 400 Mégawatts.
Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









salam alikom et bonsoir
Il est très simple de trop parler, d’agir, mais il est très difficile de réagir et de faire quelque chose au lieu de dire et de redire. Donc, sans parler de la politique énergétique, et sans parler de son côté amélioré, il est nécessaire de faire un petit test exprès pour le citoyen. Il suffit de couper toutes origines de l'énergie pour deux ou trois jours, et on va attendre la réaction du citoyen. Je suis sûre et certaine qu'il ne va même pas supporter une seconde sans électricité ou bien sans eau et là, il va bien savoir la grande importance de l'énergie dans sa vie, et il va être très prudent pour ne plus la gaspiller...