Maisons d’accueil pour les victimes du trafic des êtres humains
Dorénavant, les victimes du trafic de personnes peuvent trouver refuge dans un des deux centres d’accueil érigés en Syrie à Alep et à Damas, quelle que soit leur nationalité. Elles sont non seulement logées et nourries, mais reçoivent aussi une formation professionnelle leur permettant d’intégrer le marché du travail.
Nour El Din Al-Aathar - Damas, Eurojar
Le trafic des personnes n’est pas un phénomène répandu en Syrie. Cela n’a pas empêché les autorités de prendre les devants et de barrer la route aux criminels en adoptant des lois strictes, empêchant une éventuelle expansion dans le futur. Elles ont inauguré de même avec des instances internationales deux abris pour accueillir les victimes étrangères d’un tel trafic.
La maison d’accueil, inaugurée à Alep (au nord de la Syrie), en coopération avec l’Organisation mondiale pour les migrations (OIM), le ministère des Affaires sociales et du Travail et l’Association pour les jeunes filles, est la deuxième du genre dans le pays après celle de Damas. Elle rentre dans le cadre d’un vaste programme financé par l’Union européenne (UE) afin de soutenir les réfugiés irakiens en Syrie, à hauteur de 1,5 million d’euros.
La maison d’accueil propose une aide médicale, psychologique et sociale directe à de nombreuses femmes victimes de trafic. Elle vise aussi à les réhabiliter par la suite à travers la formation professionnelle.
La ministre des Affaires sociales et du Travail Diala Hajj Aref explique: «Le projet prend en charge les victimes du trafic des personnes à Alep et dans les autres mohafazats, les aide, les protège et tente de régulariser leur situation». Elle affirme que le choix de Damas et d’Alep s’est imposé car ce sont de grandes agglomérations et qu’elles peuvent par conséquent accueillir les victimes venues d’autres pays qui cherchent à y trouver refuge, ou qui y transitent et demandent aide et secours.
Le mohafez d’Alep Ali Mansoura a assuré que le centre «contribuera à sensibiliser la population sur ce sujet, en coopération avec les différentes composantes de la société civile», en soulignant qu’il est équipé de deux dortoirs, contenant chacun dix lits, d’une clinique, d’un bureau d’avocat, d’un bureau administratif, d’une salle d’accueil et d’un restaurant».
Le gouvernement syrien avait initié en 2005 des efforts avec l’OIM pour mettre un terme au trafic des personnes, plus particulièrement des femmes irakiennes, surtout que le nombre de réfugiés irakiens avait atteint plus de 1,5 million de personnes.
100 millions d’euros
Le programme de l’OIM, lancé en 2008, fait partie d’un engagement plus important de la part de l’UE pour aider la Syrie à gérer le flux de réfugiés irakiens, en proposant une aide de l’ordre de 100 millions d’euros dans des secteurs comme l’éducation et la santé.
L’ambassadeur de l’UE à Damas Vassilis Bontosoglou a salué le rôle important joué par le gouvernement syrien et sa coopération avec l’UE afin de résoudre les problèmes des réfugiés irakiens dans l’ensemble des domaines. Quant à la présidente de la délégation de l’OIM Maria Rumman, elle a qualifié le phénomène de trafic des personnes de point noir dans l’histoire de l’humanité et une violation claire des valeurs humaines et religieuses.
En parallèle avec l’ouverture de la nouvelle maison d’accueil, le président syrien Bachar El-Assad a publié un décret législatif visant à combattre le trafic des personnes et à donner une importance particulière aux femmes et enfants victimes de ces crimes. Le décret prévoit la création de structures d’accueil liées au ministère des Affaires sociales et du Travail, en plus de la création d’une unité spécialisée dans la lutte contre le trafic des personnes au sein du ministère de l’Intérieur.
Le décret prévoit aussi des sanctions contre «ceux qui commettent des crimes de trafic de personnes, ou contre tout complice, instigateur, membre d’une association criminelle qui a pour objectif ce genre de crimes».
L’OIM avait inauguré en décembre 2008 la première maison d’accueil de ce genre à Damas. Elle a accueilli jusque-là près de 30 victimes non syriennes et leur a proposé les soins de santé, une aide psychologique et de la nourriture, sans compter la formation professionnelle.
La notion de trafic des êtres humains comporte de nombreux aspects comme le travail à domicile, le travail forcé, l’esclavage, le trafic d’organes, les abus sexuels, le trafic d’enfants, ainsi que d’autres types de crimes organisés. L’OIM évalue les gains qui résultent des abus sexuels des enfants et femmes à près de 28 milliards de dollars par an, et les revenus du travail forcé à 32 milliards de dollars. L’Organisation indique que trois millions de personnes dans le monde sont victimes de trafic, dont 1,2 million d’enfant, alors que 45 à 50 mille victimes sont acheminées annuellement vers les États-Unis.

Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie








