Les marchés européens s’ouvrent aux produits tunisiens
L’UE a lancé de nombreux programmes de soutien à l’industrie en Tunisie, afin de permettre une meilleure commercialisation de ses produits, en pariant sur l’amélioration de la qualité. Pari réussi.
Samira Sadfi - Tunisie, Al-Hayat
La Tunisie et l’Union européenne coopèrent afin d’éviter les répercussions négatives de l’ouverture du marché intérieur aux produits européens sur le secteur industriel tunisien, après la conclusion de l’accord de partenariat (Accord d'association) en 1995 et son application à partir de 1998.
La première étape de cette aide s’est basée sur des plans de soutien de l’industrie locale, avec notamment le Programme de modernisation industrielle (PMI) qui arrive à sa fin le 31 mars 2010. Il a offert une expertise technique pour renforcer la compétitivité des entreprises locales ainsi que la capacité des institutions partenaires locales liées à l'industrie. Ce processus s’est développé graduellement au niveau national avec l’ouverture des frontières à davantage de produits européens et avec le développement de la structure des industries locales par la suite, afin de les aider à commercialiser leurs produits sur les marchés européens. Actuellement, 80% des exportations tunisiennes vont vers l’Union européenne. Ce plan a été exécuté sur douze ans, avec une aide européenne de 50 millions d’euros sous la forme d'assistance technique.
L’expert universitaire en économie Abdel Basset Al Wartani explique que 3600 usines ont subi une mise à niveau dans le cadre des préparatifs pour l’établissement d’une zone de libre échange avec l’Union européenne. La Tunisie fut le premier pays du Sud de la Méditerranée à signer un accord de partenariat avec l’UE. Et c’est le secteur textile et de l’habillement qui a le plus profité des programmes de mise à niveau financés par l’UE. En effet, 42% des usines ayant bénéficié de ces programmes de mise à niveau appartiennent à ce secteur. L’agroalimentaire a quant à lui attiré 21% du total des investissements approuvés. D’autres usines ont aussi profité de l’expertise technologique apportée par l’UE afin d’améliorer leur productivité, notamment en matière d’équipements modernes dans le cadre de plans de modernisation industrielle. Le nombre d’entreprises locales ayant bénéficié d’aides techniques s’élève à 1705.
Peu de grandes usines
Les petites et moyennes usines constituent 80% de l’ensemble des usines bénéficiaires des plans de mise à niveau, ce qui met en relief le nombre restreint de grandes usines au niveau local. Le secteur industriel est basé d’ailleurs principalement sur le textile, et l’industrie électrique et électronique spécialisée dans la fabrication de composantes pour le secteur automobile européen. Khaled Towaybi, responsable de la mise à niveau au ministère tunisien de l’Industrie et de la Technologie, explique que le Programme de mise à niveau sera achevé au cours de cette année. Il inclut aussi le développement du niveau technologique de près de 750 usines dans le secteur du textile. M. Towaybi affirme de même que les exportations des textiles du pays vers l’Italie ont augmenté de 12,8% en 2008, soit après le lancement du Programme de mise à niveau qui a permis de perfectionner la structure de production et de commercialisation, améliorant ainsi la rentabilité des entreprises locales. L’Italie tient de son côté la deuxième place comme fournisseur de matières premières nécessaires au secteur du textile et de l’habillement, derrière la France. Les Tunisiens essaient d’être à jour en matière de mode en Europe et de créer de nouvelles collections, afin de conserver leur place sur leurs marchés traditionnels d’exportation. Dans ce cadre, 75 usines locales ont obtenu des crédits bancaires afin d’augmenter le capital, de diversifier la production et d’améliorer la qualité.
Toujours selon M. Towaybi, la moitié des usines locales de textile ont bénéficié du Programme de mise à niveau soutenu par l’Union européenne. Beaucoup de travailleurs dans le secteur ont d’ailleurs suivi des sessions de formation afin d’améliorer leur savoir-faire. On peut même affirmer que les industries locales ont franchi le cap des difficultés et ont conservé leur place de cinquième exportateur de textile vers l’Europe. Par exemple, la Tunisie importe des tissus d’Europe et exporte des pantalons de genres différents. L’Italie fournit quant à elle 34% des outils et équipements utilisés dans les usines de textile tunisiennes.
L’Union européenne a lancé un autre plan en 2009 en fournissant aux usines des aides dans le cadre du Programme d’appui à l’intégration, d’une valeur de 50 millions d’euros. Les bienfaits de ce plan sont apparus au niveau de la consolidation des usines locales face aux entreprises concurrentes.
Faciliter l’accès aux marchés
Douze ans après la signature de l’Accord d’association entre la Tunisie et l’Union européenne et la mise en place d’une zone de libre échange, de nouveaux défis, mais aussi de nouvelles opportunités sont apparus. Les usines locales accèdent plus facilement aux marchés européens après la libéralisation complète des échanges des biens entre les deux parties. Dans ce cadre, l’Union européenne a mis en place un nouveau plan pour aider les entreprises industrielles et le secteur des services à exporter leurs produits en Europe, intitulé Programme d’appui à la compétitivité des entreprises et à la facilitation de l’accès au marché (PCAM).
Ce plan, doté d’une subvention de 23 millions d’euros, vise non seulement à faciliter l’accès des produits tunisiens aux marchés européens, mais aussi aux autres marchés dans le monde. Il s’étale sur quatre ans (2010-2013). Il vise aussi à préparer un nouvel accord sur l’évaluation de la conformité et l’acceptation des produits industriels (appelé ACAA) avec la Tunisie, qui concerne la conformité aux normes européennes. Il se concentre sur trois secteurs industriels: les industries mécanique et électrique et celles des matériaux de construction. Ce plan comprend deux axes principaux. Le premier concerne les opérations d’assistance technique, de formation ou d’orientation que les entreprises industrielles ou de services liées à l’industrie obtiennent afin d’augmenter leur rendement grâce à l’amélioration de la qualité et de la gestion. Quant au second, il concerne la garantie des investissements au niveau de la structure de base des usines dans les secteurs public et privé, et s’attelle à les équiper en laboratoires d’analyse, d’expérimentation et d’appareils de pesage.
Monica Vallejo, experte à la délégation de l’Union européenne en Tunisie, explique à Eurojar que l’accord devrait améliorer la qualité des produits fabriqués par les industries locales afin qu’ils soient conformes aux normes européennes pour ce qui est de la sécurité, de l’hygiène, de l’environnement et de la protection du consommateur, ce qui les rend commercialisables sur le marché européen. Elle assure que les exportateurs tunisiens pourront ainsi accéder au marché européen sans soumettre leurs produits à des tests de qualité et de conformité aux frontières. Elle affirme que les principaux secteurs d’exportation ainsi que le secteur de l’agroalimentaire et des services attenants, tireront profit de ce plan, en plus des fédérations d’industriels et de commerçants, des laboratoires, des instituts chargés de la qualité et de la conformité aux normes et des autorités de contrôle des marchés.
Consacrer l’intégration tunisienne
Par ailleurs, le programme introduit un nouvel élément: la contribution des entreprises concernées au coût de l’aide technique qu’elles obtiennent, selon les méthodes adoptées au niveau international. Cet élément vise à responsabiliser les entreprises et à assurer leur pleine participation dans le processus d’amélioration de leur rendement. L’Union européenne a incité les agences d’évaluation et les instituts locaux de spécifications et de contrôle, qui profitent du programme, à saisir cette opportunité afin de consacrer l’intégration de la Tunisie dans le marché international dans le cadre d’une économie internationale mondialisée.
Il est de même important de se pencher sur l’expérience tunisienne dans l’ouverture à l’Union européenne, la Tunisie étant le premier pays du Sud de la Méditerranée à conclure un accord à ce niveau avec l’UE, afin que les autres pays puissent profiter des leçons tirées de cette expérience, ses déficiences et ses points forts.
N.B: Texte traduit de l’original arabe par l’équipe d’Eurojar
Consulter la fiche projet: Programme de modernisation industrielle (Tunisie)

oui c'est une bonne chose que les pays européens industrialisés s'ouvrent aux produits des pays du sud de la méditerranée, ceci va mettre un frein à l'émigration clandestine, dans la mesure ou ces usines vont absorber la main d'oeuvre locale, le chomage sera ainsi reduit à son niveau le plus bas, seule bemole, c'est valable uniquement pour un seul pays, qui est de surcroit le moins peuplé, comparé à l'égypte et ses 80 millions d'habitants.
Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









c'est bien que l'union européenne coopère avec les pays du sud de la méditerranée à fin de les aider et les soutenir à construire une base industrielle à fin de pouvoir exporter leurs produits en Europe et dans tout le monde parce que le pétrole qui est une énergie en voie de disparition et dont les pays du sud compte beaucoup sur cette énergie pour leurs économie.