Le tour du monde de « La Cinquième corde »

Le projet MEDA Films Développement, financé par l’Union européenne, a entraîné le programme Euromed audiovisuel vers une nouvelle dimension. Salma Bargach témoigne.
Nadia Ben Sellam - Rabat, Eurojar
« La Cinquième corde », un film écrit et réalisé par Salma Bargach (Maroc), raconte une aventure musicale vécue par un jeune homme de dix huit ans. Mais Salma n’en dit pas plus, refusant de révéler, avant la diffusion du film dans les salles, ce qui semblerait être le plus grand secret de sa vie professionnelle.
Toutefois, son expérience vécue dans le cadre de ce projet, soutenu par l’Union européenne, constitue à elle seule un scénario à part entière, qu’elle nous livre volontiers ! Un voyage artistique dans le monde onirique de l’écriture et de la musique de film, auquel elle n’aurait jamais pensé accéder sans l’aide du projet « Meda Films Développement », issu du programme Euromed Audiovisuel. « Si c’était à refaire, je le ferais sans hésiter ». Elle souhaiterait faire perdurer à jamais l’expérience qui a marqué profondément sa vie professionnelle.
La deuxième phase du partenariat audiovisuel euro-méditerranéen a été lancée début 2006, afin d’encourager le dialogue des cultures et l’échange d’expériences entre les rives Nord et Sud de la Méditerranée, avec un budget global de 15 millions d’euros. Le Maroc a remporté deux des douze projets sélectionnés. Dans le volet développement, Ali’ n Production du marocain Nabil Ayouch, très connu dans le domaine de la réalisation cinématographique, a obtenu un financement de 1,5 million d’euros pour sa proposition Meda Film Développement. Dans le volet de la distribution et l’exploitation des œuvres audiovisuelles, le Centre cinématographique marocain continue à mettre en œuvre le projet Euromed Cinémas d’une valeur totale de 3,5 millions €.
La gestation d’écriture et de réécriture
La valeur ajoutée du projet « MEDA Films Développement » réside dans la mise en place de projets de longs métrages qui sont théoriquement aptes à être commercialisés. Cette démarche s’avère salvatrice dans le contexte cinématographique marocain, caractérisé par le dilettantisme dans l’écriture du scénario et dans la production : le cinéaste doit porter plusieurs casquettes à la fois. Les efforts se sont axés sur la consolidation du binôme scénariste/producteur, par le choix, chaque année, des trois années du projet, de vingt bénéficiaires des deux rives de la Méditerranée, en raison de la complémentarité de ses deux métiers et de leur place primordiale dans l’industrie du cinéma.
En l’espace d’une année, avec trois ateliers de travail d’une durée d’une semaine chacun, Salma a vécu avec ses collègues l’ensemble du processus d’écriture et de réécriture, dans des sessions intensives et diversifiées sur l’écriture du scénario. Il comporte de même des formations sur les aspects liés au son, à l’image, au montage artistique, à la musique de film…
Salma considère que le projet « MEDA Films Développement » propose une formation complète et diversifiée. Il permet d’établir des contacts avec de grands noms de l’industrie cinématographique. Elle a ainsi fait la connaissance de personnalités comme le producteur Christophe Toque, dont certains films ont été nominés pour l’Oscar (meilleur film étranger) ; Gabriel Yared, compositeur libanais d’envergure internationale ; Emmanuelle Bernheim, scénariste française ayant collaboré avec de grands réalisateurs de l’Hexagone ; Laurent Hassid, directeur des acquisitions des films étrangers à Canal Plus… Elle a ainsi pu profiter de leur expérience. Ses relations sont toujours maintenues grâce à Internet et au téléphone, avec un soutien indéfectible à chaque fois que Salma en éprouve le besoin : une preuve supplémentaire de l’efficacité du projet européen.
Voyages inattendus
Les ateliers de MFD ont constitué un tournant décisif dans la vie professionnelle de Salma qui a commencé son aventure cinématographique par une série de courts métrages. Elle raconte, ravie, que le scénario a fait le tour du monde et qu’elle l’a accompagné là où elle ne pensait jamais mettre les pieds. Le scénario du film « La Cinquième corde » a reçu les éloges de plusieurs jurys de festivals de films internationaux. Il avait été retenu deux fois en 2007, durant les festivals de Montpellier et de Cannes. C’est ainsi que Salma a pu profiter d’ateliers de travail supplémentaires consacrés à l’écriture de scénarios. De même, le scénario a été présenté au festival de Sundance en Jordanie, puis au Festival de Dubai Film Connection. Aux Etats-Unis, le film a reçu le soutien de Global Film Diffusion pour sa distribution. Enfin, il a récemment obtenu le soutien du Centre cinématographique marocain.
Ces étapes importantes dénotent de la qualité de l’œuvre après l’intervention de professionnels aguerris à tous les niveaux. Nabil Ayouch, chef du projet, explique que l’idée n’est pas de fournir un soutien financier direct, mais plutôt de développer les projets des bénéficiaires et de fournir une expertise internationale dans les différentes composantes de l’industrie cinématographique, aboutissant à un travail de professionnels.
Reste que, malgré les différentes améliorations apportées au scénario, l’histoire est demeurée inchangée. Fait rare, assure Salma. « Les professionnels avec qui nous avons collaboré ne nous ont rien imposé. Au contraire, ils ont respecté notre œuvre et notre vision, et nous ont proposé un véritable soutien. Sans les ateliers de travail, j’aurais perdu un temps fou dans l’écriture, sans arriver au résultat actuel ».
N.B: Texte traduit de l’original arabe par l’équipe d’Eurojar
Consulter la fiche projet: Euromed Audiovisuel II (Maroc)

Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie








