Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable

Le gouvernement syrien, avec l’aide de l’Union Européenne, exploite à bon escient les 12000 m² du palais de l’émir Abdelkader à Damas au service du développement durable des localités syriennes et arabes.
Le gouvernement syrien, avec l’aide de l’Union Européenne, exploite à bon escient les 12000 m² du palais de l’émir Abdelkader à Damas au service du développement durable des localités syriennes et arabes.
Samar Ezmishli - Damas, Eurojar
Transformer le palais d’Abdelkader, chef de la révolution algérienne, en un centre régional pour le développement durable, constitue une action à contre-courant à Damas, où la tendance était ces dernières années de métamorphoser les vieilles demeures damascènes en restaurants et hôtels. Pour la première fois, un des symboles historiques et touristiques du pays est utilisé à des fins culturelles et humaines.
Tout a commencé en 2005, avec la recherche d’un bâtiment d’envergure pour le transformer en centre régional de formation et de soutien aux autorités locales. C’est en fin de compte le palais du prince Abdelkader qui a été retenu, sur les rives du Barada à l’ouest de Damas et pas loin de l’ancienne route de Beyrouth. La surface bâtie est de 1832 m² sur deux étages, entourée d’un terrain de dix mille mètres carrés.
La gestion du palais a été transférée au ministère de l’Administration locale et de l’Environnement. La réhabilitation fait partie du programme de Modernisation de l’administration municipale (MAM), supervisé et financé par l’Union Européenne.
Le palais a été transformé en un centre régional pour renforcer la communication entre les villes syriennes et européennes. Une des salles a été aménagée en musée, comportant des objets ayant appartenu à l’émir, des livres sur son histoire en plusieurs langues, des documents et des photos biographiques. Quant au parc spacieux du palais, il a été aménagé en jardin écologique, constituant un exemple pour les administrations locales en matière de «villes écologiques» et de protection de l’environnement.
Symbole de culture internationale
Le ministre de l’Administration locale Hilal Atrach avait déclaré durant la cérémonie d’ouverture l’année passée: «Nous avons cherché à réhabiliter ce palais tel qu’il avait été conçu au XIXème siècle, pour être un symbole d’arabité, d’humanisme et de culture internationale», soulignant qu’il a vocation à s’ouvrir aux villes arabes et amies afin de cristalliser les échanges culturels et scientifiques. Le coût de la réhabilitation du palais est de 1,5 million d’euros.
La petite-fille du prince, Hind Husseini Al-Jazairi, qui a vécu pendant des années dans le palais, était impatiente de voir la chambre dans laquelle elle est née et se remémorer certains souvenirs: «Le palais était constitué de 20 chambres et un parc contenant des roses et des arbres rares, avec un emplacement de choix, près des fleuves Yazid et Barada».
Le projet MAM en Syrie vise à former, sensibiliser et financer les autorités locales et à mettre en place des stratégies de développement urbain et décentralisé et assurer la coopération avec les fédérations des villes européennes, ainsi que la mise en place de projets sociaux pour lutter contre la pauvreté et améliorer les conditions de vie des sociétés locales.
Quant au projet de réhabilitation du palais, qui a été exécuté sur trois ans avec l’aide d’experts européens, il vise à orienter les villes et municipalités et à les sensibiliser afin de montrer l’importance de ce patrimoine.
Le palais, à l’architecture ottomane et allemande, a une importance historique capitale. Il était en effet le lieu de rencontre des rois et princes arabes. Le palais a aussi connu une soirée de poésie mémorable avec l’illustre poète Ahmed Chaouki. Le prince Abdel Kader y a emménagé en 1871 avec sa famille. C’est dans ce palais que le prince est mort. Il a ensuite été habité par ses enfants et petits-enfants, le dernier étant le prince Said al Jazairi, premier ministre au temps du gouvernement du roi Fayçal après la Première guerre mondiale. Il est resté habité par la famille jusqu’à la guerre de Palestine de 1948, délaissé et inhabité depuis jusqu’en 1991, lorsque la Mohafazat de Damas l’a acquis.
L’expert du développement des municipalités Peter Ross a expliqué quele palais commence à accueillir certaines activités culturelles et musicales syriennes et européennes privées pour s’autofinancer, assurant qu’il est ouvert à tous les citoyens souhaitant le visiter. Il a de même reçu la visite d’un grand nombre de touristes.
Consulter la fiche projet: Modernisation de l’administration municipale (Syrie)

un tres bon travail
La transformation du palais de l'émir Abdelkader à Damas, un véritable symbole, au profit d'un centre de développement durable avec l'aide de l'UE ne doit pas occulter la dimension historique et la charge émotionnelle des lieux. L'émir Abdelkader a protégé dans son palais des centaines de chrétiens maronites des massacres de la part des musulmans de Damas en 1860. Erudit musulman, grand lecteur d'Aristote et de Platon, il s'est vu décorer de la légion d'honneur par le second empire français, pour cette action humanitaire. Dans le cadre du dialogue et la coopération de la PEV avec les pays Arabes de la rive sud de la méditerranée, il est important de mettre en évidence et de perpétuer un tel fait comme exemple de la coexistence et de la tolérance entre religions.
La transformation du palais de l'Emir Abdelkader à Damas, un véritable symbole en abandon, au profit d'un centre de développement durable avec l'aide de l'Union Européenne ne doit pas occulter la dimension et la charge émotionnelle des lieux. L'émir Abdelkader a protégé dans son palais des centaines de chrétiens maronites des massacres de la part des musulmans de Damas, en 1860. Erudit musulman, grand lecteur d'Aristote et de Platon, il s'est vu décorer de la légion d'honneur par le second empire France, pour cette action humanitaire.
Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.