La Syrie, une exception dans le tableau EuroMed

27/08/2009


Même si l’Accord d’association entre la Syrie et l’Union européenne n’est pas encore ratifié pour des considérations politiques, Damas bénéficie malgré tout du soutien de la Commission européenne, évalué à 500 millions d’euros depuis 1979.


Jihad Yazigi - Damas, Le Commerce du Levant

De tous les pays de la rive Sud impliqués dans le processus de Barcelone, la Syrie reste le seul à n’avoir toujours pas signé d’accord d’association avec l’Union européenne. Paraphé une première fois fin 2004, l’accord bute alors sur la forte hostilité de plusieurs pays européens, à leur tête la France, au lendemain de l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri.

La détente dans les relations politiques consécutives aux accords de Doha entraîne le paraphe de l’accord une seconde fois à la fin de l’année 2008. On attend une signature finale avant la fin de l’année 2009.

Les relations bilatérales syro-européennes restent ainsi fortement marquées par le sceau politique. La signature de l’accord d’association est vue, par ailleurs, par Damas comme un moyen de s’arrimer au bateau européen, de bénéficier d’un volume d’aides et d’un soutien économique nettement plus importants et d’une carte politique non négligeable alors que les défis régionaux restent très importants.

Les relations entre les deux parties restent gouvernées aujourd’hui par un accord de coopération signé en 1977. Jusqu’en 1995, le partenariat se concentre surtout autour de programmes de développement traditionnels comme la gestion de l’eau et les projets d’irrigation. Depuis le lancement du processus de Barcelone, la coopération s’est surtout focalisée sur le soutien aux réformes économiques : réforme du secteur bancaire, développement de l’environnement des affaires, amélioration de la gestion des services publics, démographie, environnement, etc. D’après la Commission européenne, c’est plus de 500 millions d’euros qui ont été versés au profit de la Syrie depuis 1979.

Rôle de la BEI
En pratique, cette coopération est aujourd’hui définie par deux documents cadre, le Document de stratégie pays (DSP) et le Programme indicatif national (PIN), qui détaillent à la fois la stratégie globale de coopération et les axes d’action. Le DSP pour la période 2007-2013 comprend parmi ses trois axes d’action le soutien à la réforme économique, y compris le soutien à la candidature syrienne à l’OMC, le soutien aux réformes sociales, ainsi que le soutien aux réformes politiques, notamment pour encourager l’état de droit et le respect des droits de l’homme. Quant au PIN couvrant la période 2007-2010, il alloue 130 millions d’euros pour les différents programmes d’aide.

L’implication de l’Union européenne est complétée par les financements de la Banque européenne d’investissement dont l’intérêt a surtout porté sur les grands projets d’infrastructure. La BEI a ainsi financé à des taux bonifiés pour plus d’un milliard d’euros de projets. Ceux-ci incluent la construction de deux centrales électriques, la modernisation du port de Tartous, ou encore le développement du réseau de téléphonie fixe. Depuis 2005, la BEI fournit également des prêts aux petites et moyennes entreprises syriennes dans le cadre du Fonds PME, son premier projet dédié au secteur privé syrien.