La protection du consommateur algérien
L’Algérie possède un potentiel économique non négligeable. Pour l’exploiter à fond, la protection du consommateur et la qualité des produits algériens sont des passages obligés.
Basma Karrasha - Alger, Al-Hayat
L’Algérie tente à travers l’Accord d’association avec l’Union européenne de rendre ses produits commercialisables sur le marché international, compétitifs à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Pour cela, le Programme d’appui à la facilitation du commerce (FACICO) a été mis en place, aidant à réguler le marché interne, à travers le renforcement des instances de contrôle, et à mettre en place des processus permettant de combattre la contrebande, de prouver la qualité du produit, de le protéger et de renforcer les associations de protection du consommateur.
Le programme FACICO évolue selon trois axes principaux. Le premier concerne l’appui au Centre algérien pour le contrôle de la qualité et de l’emballage (CACQE), à travers le soutien apporté à quatre laboratoires régionaux. Trois d’entre eux sont des laboratoires microbiologiques, présents à Alger, à Constantine et à Oran. Ils visent à analyser les produits agricoles, à certifier leur qualité et à attester leur validité pour la consommation, afin de résoudre le problème des intoxications alimentaires, fréquentes surtout en été. Quant au quatrième laboratoire, il est situé à Ouargla et est spécialisé dans le contrôle des dattes. Xavier Gaziello, expert français dans le contrôle des marchés, et superviseur du projet, explique que ce travail concerne la santé publique et souligne que la mission de son groupe d’experts est d’accompagner ces laboratoires afin d’obtenir la certification ISO 17025. Il est à noter que la phase d’analyses est achevée, mais il est encore trop tôt pour dévoiler les résultats.
De plus, le groupe forme des cadres de laboratoire afin de leur permettre d’acquérir des compétences dans le domaine de la certification ISO 17025, et de proposer des solutions aux problèmes des quatre laboratoires régionaux afin qu’ils soient conformes aux normes internationales. Cette étape devrait être lancée prochainement.
Un label pour les dattes
L’Algérie est réputée pour la production de dattes de la variété Deglet Nour, produites dans les régions du sud algérien, notamment à Tolga-Biskra, ainsi que dans les wilayats d’El-Oued Souf et d’Ouargla, et dans une moindre mesure dans la wilaya de Ghardaïa. Selon les responsables du secteur de l’agriculture en Algérie, la production algérienne en Deglet Nour l’année dernière a atteint 3,6 millions de quintaux et le chiffre d’affaires a atteint 458 millions de dollars. Ces dattes sont exportées vers les pays européens, les États-Unis, le Golfe arabe et même vers certains pays d’Asie et du littoral africain. Mais les exportations ont été divisées par 10 au cours des 40 dernières années pour diverses raisons. L’Algérie fait face aussi à l’énorme problème de la contrebande des dattes Deglet Nour vers les pays voisins, notamment la Tunisie, où elles sont conditionnées et exportées en tant que dattes tunisiennes. Les tentatives algériennes de protection de ce secteur sont allées jusqu’à mobiliser les forces de la sécurité nationale pour protéger les dattiers et empêcher toute contrebande. L’expert français explique que l’objectif du projet de laboratoire régional est de lui assurer une accréditation internationale pour l’analyse et la certification des dattes, notamment de la variété Deglet Nour, en lui donnant une appellation géographique contrôlée, à travers un label.
L’Algérie a mis en place un arsenal de lois pour réguler et protéger le marché algérien. L’expert italien Francesco Apruzzi, spécialisé dans la protection du consommateur, a salué cet effort législatif, qui va permettre de réguler le marché. Il s’agit notamment de la loi de février 2009 qui a mis en place les processus de régulation et de protection du marché, notamment en octroyant aux associations de protection du consommateur le droit de se constituer partie civile devant la justice dans toute affaire reliée aux consommateurs. Il est prévu aussi de publier des décrets en relation avec la sécurité des produits et la garantie après-vente, la mise en place d’étiquettes qui montrent les ingrédients du produit, etc. L’expert italien qui supervise le projet de protection des consommateurs explique qu’il travaille sur plusieurs fronts, dont la création d’un site internet en arabe et en français proposant des informations sur les produits présents sur le marché. Il permet de signaler les produits sur le marché non conformes aux normes, et de mettre les citoyens en garde, grâce à un système d’alerte. Il ajoute que l’objectif de ce système est d’identifier les produits qui constituent un risque pour le consommateur afin de les retirer de la circulation. Les produits actuellement concernés sont les produits industriels, non alimentaires. La dernière étape de ce système sera son harmonisation avec le système d’alerte européen et l’établissement d’une liaison entre les deux.
Réseau national d’associations
M. Apruzzi a expliqué que les associations de protection du consommateur ont une part de responsabilité sur ce qui se passe sur le marché. Elles ont le devoir de protéger le consommateur à travers le contrôle des produits, d’informer le citoyen des risques liés aux produits et de coopérer avec les instances publiques concernées afin de parvenir à cette protection. Afin de permettre aux associations de renforcer leur savoir-faire et leur efficacité, de nombreuses rencontres ont été organisées avec des associations nationales et locales concernées par la protection du consommateur. Des ateliers de travail ont été organisés pour renforcer leurs cadres dans les volets administratifs et financiers et pour clarifier l’importance du rôle qui leur est imparti sur le marché. Ces ateliers leur ont permis aussi d’acquérir les outils de mise en place des stratégies d’information et l’explication des stipulations de la loi 2009 qui a donné aux associations le droit d’ester en justice au nom des consommateurs et de se présenter comme partie civile dans toute affaire judiciaire.
Cette loi constitue une arme efficace aux mains des associations, qu’elles peuvent utiliser pour réaliser leurs objectifs, selon Apruzzi, qui a affirmé qu’en mars dernier, 64 participants représentant des associations de protection du consommateur, des cadres du ministère du Commerce et des directions du Commerce, ainsi que des citoyens, ont assisté à une rencontre dans laquelle des présidents d’associations allemandes et italiennes de protection du consommateur ont exposé et discuté de leurs expériences avec les présents. Les débats ont surtout porté sur la manière de maîtriser les outils de travail, la connaissance, l’indépendance financière et le travail continu qui renforce avec le temps la confiance des citoyens dans ces associations.
Enfin, Caroline Gallez, responsable du groupe de travail de l’unité de soutien du programme FACICO, a expliqué que le troisième axe du programme vise à soutenir les pratiques de négociations et l’application des accords commerciaux conclus de manière bilatérale ou multilatérale. Pour cette raison, le gouvernement algérien doit être informé sur tous les produits exportables, des besoins et de l’offre du marché, afin de pouvoir négocier sur des bases solides, objet du décret publié en 2008. Le décret a chargé l’Agence nationale de promotion du commerce extérieur, Algex, de mettre en place une liste de l’ensemble des matières importées et de réunir les informations de toutes les administrations concernées par l’exportation et l’importation des produits, surtout celles disponibles à la direction des douanes. Cette agence a par la suite été chargée de consolider la production, hors secteur des carburants, de diversifier les exportations et de soutenir les acteurs économiques concernés.
Guimoz Belkassem, chargé de l’aspect administratif et financier du programme, a annoncé qu’un système informatique est en cours de création permettant la transmission des informations concernant le marché, les exportations et les importations algériennes entre les différents ministères et acteurs officiels, et n’attend plus que la liaison électronique pour être opérationnel, ce qui permettra d’améliorer le produit exportable, de mettre en valeur la production agricole et agro-industrielle algérienne, comme étant des produits naturels non modifiés génétiquement. M. Belkassem a souligné qu’une partie des informations sera disponible pour le grand public à travers le portail d’Algex. A noter que l’Union européenne a consacré un budget de six millions d’euros pour financer ce programme, qui sera clôturé en décembre de l’année prochaine.

Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie








