L’immigration, quelle problématique !



Cette année encore, des centaines voire des milliers de miséreux du Sud se préparent à envahir l’Europe de l’Ouest. Désarmé, le Vieux Continent en est pleinement conscient, même s’il ne le dit pas haut et fort.

 

Lorsque les employeurs des pays industriels attiraient la main-d’œuvre des pays méditerranéens dans les années 60, les différences identitaires n’étaient pas alors de mise. Sans doute parce que les émigrés se gardaient bien d’exprimer leurs exigences culturelles. Puis survient le choc pétrolier au début des années 70, entraînant des changements économiques considérables. L’immigration devient alors un problème, après avoir été perçue comme une solution. C’est à ce moment-là que s’arrête officiellement l’émigration et que les portes des pays employeurs se referment.

L’attrait de l’assistance sociale
Les études montrent que le nombre de chômeurs augmente dans les pays européens à assistance sociale généreuse, alors qu’il diminue ailleurs. Les « victimes » seraient en train d’opter volontairement pour le chômage ! Autre élément révélateur : les pays à services sociaux élevés séduisent les immigrés à savoir-faire réduit et à bas niveau éducatif. Voilà donc la source du problème, le reste n’est que détail, y compris la question de culture. La difficulté d’intégration et le repli identitaire sont-ils la cause de la marginalisation économique et sociale ? Ou bien en sont-ils le résultat ?

La condition humaine
Il faut dire que les immigrés ont été « importés » sans tenir compte des conséquences humaines éventuelles sur le pays d’origine ou même sur la terre d’accueil. Ainsi, lorsque, dans les années 70, il a été décidé d’autoriser aux travailleurs immigrés de regrouper leurs familles, ce qui représentait certes une mesure réaliste, les répercussions sur les mécanismes l’intégration ont été négligées. Logement, enseignement ou emploi… ces thématiques fondamentales ont été reléguées aux oubliettes.

Offre et demande
La main-d’œuvre « importée » a toujours été une marchandise contrôlée par le marché de l’emploi qui, selon les contraintes économiques existantes, assimilait, rejetait, s’ouvrait ou se refermait. D’une part, avec l’émergence du phénomène de délocalisation industrielle, les travailleurs immigrés peinaient à trouver leur place sur le marché du travail dans le pays d’accueil. D’autre part, on y ajoute une expansion de l’Europe vers l’Est au dépend d’une ouverture à l’égard des pays du Sud. C’est que les chefs d’entreprise trouvaient à l’intérieur de l’Union européenne une main-d’œuvre bon marché et des opportunités d’investissement assorties de garanties qui leur épargnaient les coûts d’importation.

Résultat : les possibilités d’investissement dans les pays pauvres ont diminué. Ce qui a encouragé l’immigration clandestine. Pourquoi investir en Tunisie là où les ouvriers refuseraient un salaire de 100 euros, alors qu’une somme pareille semblerait raisonnable pour les travailleurs de Roumanie ?

En somme, le problème de l’immigration est destiné à revêtir encore plus d’ampleur, tant que le mouvement migratoire restera guidé uniquement par des considérations économiques, et surtout tant que les discours sur les droits de l’homme resteront lettre morte au lieu d’être traduits en politiques efficaces.

Saleh Bashir
Analyste
(Cahiers Euromed, 2005)






Vos réactions
ouchane, Maroc | 31-12-2009, 19.25h

L'immigration, quelle problématique!!!! Qui a dit que l'immigration est un problème? La plupart des pays européens doivent payer la facture du sous développement qu'ils ont causé aux pays du sud. Hier, ils étaient courageux d'envahir nos pays par la force, mais quand nos jeunes débarquent chez eux, ils sont traités comme des fugitifs demandés par la loi. Quelle problématique!!!!!!! Que les habitants de la rive sud continuent à traverser le détroit jusqu’a l'infini!!!! Ils ne doivent pas penser à ces idées fausses qu'on essaye de propager ici et là!!! Soyez nombreux à le faire, vous partez sans armes, votre seule arme est l'espoir de vivre mieux. La haine et le racisme existent par tout, même chez nous!!! Ne pensez pas aux idées des politiciens qui ne cherchent qu'à vous décevoir!!! Bonne chance à tous et à toutes.

ouchane, Maroc | 15-12-2009, 21.00h

J'ai lu un article qui évoquait les droits de l'homme en relation avec l'immigration, excusez-moi citoyens et défenseurs des droits de l'homme: vous n'êtes pas justes quand vous évoquez les droits de l'homme dans les relations nord-sud, vous n'avez aucun droit puisque ce ne sont pas les droits qui vous font bouger mais ce sont les intérêts de l'Europe. Voici un exemple tout frais: une citoyenne marocaine refuse d'admettre qu'elle est marocaine et signe sa déclaration devant un juge, les autorités la refoulent vers le dernier pays de provenance, dans ce cas les îles Canaries espagnoles; que faites-vous?

RAHAOUI, Maroc | 15-12-2009, 12.56h

L'immigration!!! Phénomène très ancien, peut-être il inné à l'humain. Nos ancêtres avaient toute la liberté de bouger, de voyager, faire du commerce, faire des études ailleurs. Aujourd'hui, dans un monde plus ouvert virtuellement, les idées voyagent mais les humains NON!!! Toutes les institutions internationales travaillent dans un cadre plus souple sans ces frontières, barrières ou freins, pas à la consommation mais à l'intégration.

bouhami abderrahmane, Maroc | 13-12-2009, 20.39h

S’il vous arrive de vous réveiller un jour et découvrir que tous vos amis sont partis ailleurs.et après un peu de temps ils reviennent avec des voitures dernier modèle. Du brillant sur leurs têtes et des parfums. S’il vous arrive de vous réveiller un jour et découvrir que vos amis, qui sont partis ailleurs reviennent les poches pleines d'euros, qui changent des sous vêtement chaque jour et se brossent les dents chaque jour. S'il vous arrive d'être brillant en classe et de découvrir que vos amis qui sont partis ailleurs trouver du travail et toi en chômage ; alors ne me demandez pas pourquoi je me lance "désespérément" dans le large.

latifa abdeljalil, Maroc | 09-12-2009, 23.39h

La naissance de l’immigration comme problème et son évolution ultérieure ne résultent ni d’une volonté consciente uniforme, ni d’un hasard, mais résultent de l’action de groupes sociaux intéressés à et par cette question.