L’environnement en questions



C’est en véritable dépotoir que le bassin Méditerranéen se transforme. Et pour cause, l’inexistence de débats sur la protection de l’environnement, notamment dans les pays préoccupés par la gestion de leurs conflits. Une opinion pour une urgence.


Issa Goraieb, Editorialiste

On ne peut qu’applaudir au spectacle de l’Europe unie se portant, avec d’autres puissances, au chevet de l’homme malade de cette partie du monde qu’est l’Irak ; non moins encourageante, bien sûr, est la claire volonté de l’Union d’aider le Liban à vaincre cette véritable gangrène qu’est sa dette colossale, à charge pour lui de procéder enfin aux réformes économiques réclamées de longue date par les pays donateurs. Que l’assistance européenne soit encore stimulée par les liens découlant de cette proximité, tant humaine que géographique, qu’offre la Méditerranée, ne la rend que plus sincère, plus authentique.

Il reste que les nations ne vivent pas seulement de stabilité politique et de prospérité économique. Même en proie à toutes sortes de crises, les peuples aspirent aussi à vivre d’air pur et d’eau fraîche, ce qui continue d’échapper hélas à l’attention des gouvernements. Même les initiatives de la société civile sont neutralisées – et combattues – par l’inconscience ou l’inertie des administrations. Que peuvent dès lors, en la matière, tous les programmes Euromed proposés à la région en l’absence de stratégies environnementales, tant nationales que régionales ?

Le temps presse, pourtant. Lentement mais sûrement, notre chère et ensoleillée Mare Nostrum prend des allures de dépotoir. Adossées à une des parties les plus arides du globe terrestre, les rives orientales de la Méditerranée sont le théâtre d’une sourde lutte pour le contrôle de cette ressource vitale qu’est l’eau : une lutte qui ne pourra que gagner en âpreté au rythme des croissances démographiques et des changements climatiques. Engager un vaste dialogue méditerranéen sur la question, comme le souhaite l’Europe, relève jusqu’à ce jour de l’utopie : par quel coup de baguette magique, en effet, des États que sépare un aussi lourd et tenace contentieux que le problème palestinien se retrouveraient-ils pour discuter « d’autre chose » ? Comment pourrait-on débattre de la gestion des eaux alors que l’on n’a pas fini de se battre pour la terre ?

Pour fondées que soient ces questions, elles en appellent irrésistiblement d’autres, non moins angoissantes : laisser les choses en l’état, dans l’attente du miracle de paix, ne serait-ce pas rendre plus complexe encore la recherche de la paix ? Ne serait-ce pas laisser croître et s’épanouir, au fil des ans, le germe de guerres futures ?

Voilà qui nous ramène à cette ultime et immémoriale interrogation : de l’œuf ou de la poule, lequel donc précède l’autre ?

(Cahiers Euromed, 2005)






Vos réactions
Nadia, Algérie | 02-03-2010, 08.59h

un petit commentaire en relation avec le thème de l'environnement, thème qui est souvent d'actualité dans les pays developpés, où chaque jour, il s'agit de réduire les déchets, de bâtir des maisons écologiques, de favoriser l'énergie renouvelable, je souhaiterai tellement que chez nous, le sujet devienne aussi important en sensibilisant les populations mais également les pouvoirs publics afin de donner la place qu'il faut à ce volet, comme par exemple, l'utilité des paneaux solaires, d'autant plus que nous avons du soleil pratiquement 330 jours par année.alors pourquoi pas des projets pour protéger l'environnement et exploiter des sources naturelles, non polluantes et renouvelables contrairement au pétrole? à bon entendeur. merci