L’AREE, l’essai transformé

Comment atteindre l’efficacité énergétique sous un climat caractérisé par de grandes amplitudes thermiques? C’est à cette question qu’a répondu le projet AREE, acronyme pour Résidence à Efficacité Énergétique d’Aqaba, auquel a été décerné en 2007 l’Energy Globe Award.
Comment atteindre l’efficacité énergétique sous un climat caractérisé par de grandes amplitudes thermiques? C’est à cette question qu’a répondu le projet AREE, acronyme pour Résidence à Efficacité Énergétique d’Aqaba, auquel a été décerné en 2007 l’Energy Globe Award.
Julien Théron - Eurojar
C’est dans le 9ème district d’Aqaba, ville du sud de la Jordanie, que se dresse fièrement depuis 2009 ce bâtiment à l’esthétique contemporaine. De l’extérieur, on ne se doute pas qu’il constitue une première pour la Jordanie par sa recherche acharnée de l’efficacité énergétique. Et pourtant. Il s’agit là d’un projet visionnaire, marquant d’une pierre blanche le début des constructions durables en Jordanie.
À l’origine, on trouve une idée, celle de Tareq Emtairah, un Jordanien vivant en Suède. Convaincu de la nécessité de convertir en pratique courante les principes de l’efficacité énergétique, Tareq Emtairah a participé en 2002 à un concours du Centre pour l’Étude de l’Environnement Construit (CSBE). Cette structure jordanienne a par la suite présenté une candidature au programme régional européen MED-ENEC afin de pouvoir concrétiser ce projet.
Le CSBE a donc servi de lien entre le promoteur de l’idée et la Commission Européenne, chargée du monitoring, de la communication et de la couverture d’une partie des coûts. Le Centre a également participé à la diffusion des résultats de l’AREE, projet réalisé par l’architecte néerlandaise Florentine Visser.
Bâtiments à efficacité énergétique
Achevé en 2009, l’AREE vient combler une lacune dans le secteur jordanien de la construction. Stephen McIlwaine, Directeur du CSBE, explique en effet que «la plupart des logements «modernes» en Jordanie n’ont pas de bonnes performances en matière énergétique. Les maisons perdent inutilement beaucoup de chaleur pendant l’hiver, tout en retenant la chaleur en été.»
Mais les choses commencent à changer, sous l’effet cumulé d’une prise de conscience sur les nécessités environnementales et d’une évolution économique. L’énergie était en effet bon marché jusqu’à récemment en Jordanie, grâce aux subventions étatiques. Mais la récente augmentation des prix déclenche un changement des mentalités, phénomène accentué par la baisse des subventions.
Aqaba, station thermale à la pointe sud du pays, où les températures peuvent dépasser les 40°C, était le lieu rêvé pour une démonstration d’efficacité énergétique à moindre prix, grâce à une combinaison alliant «design, construction, et approches d’opérabilité et d’utilisation.»
Un vecteur de promotion
Comme l’explique Stephen McIlwaine, «de nombreux principes techniques et comportementaux sont applicables à d’autres maisons en Jordanie» car l’accent a été mis sur des techniques de construction choisies spécialement pour «leur capacité à être appliquées à d’autres projets par l’utilisation de matériaux locaux et particulièrement de techniques conventionnelles.»
Mais l’AREE est également un lieu d’expérimentation de techniques particulières, comme la climatisation à adsorption, une technique ayant fait l’objet de travaux à l’École des Mines de Paris dans le cadre de la recherche de systèmes à haute efficacité énergétique et à faible impact environnemental. Cette dynamique fait de l’AREE une villa «haut de gamme» dont «certaines solutions ne pourraient être appropriées à une situation de construction bon marché.»
Garantir le confort de l’habitat
L’AREE a été conçu comme un logement, et en présente toutes les caractéristiques. Sur 420 m² et trois étages, on retrouve chambres, salon, cuisine, garage et autres pièces, disposées selon le temps passé dans chacune. Les pièces les moins usitées sont situées sur le côté le plus exposé. Chaque étage dispose d’un espace extérieur ombragé, et un système de ventilation naturel a été pensé intelligemment autour de la cage d’escalier centrale, qui fait circuler l’air.

En ce qui concerne les matériaux, l’usage de plâtre et de paille permet une meilleure isolation tout en réduisant la quantité de béton, ce qui permettra une meilleure tenue dans le temps. Le toit est doté d’un jardin pour un usage agréable et une réduction supplémentaire de la surface ensoleillée. L’économie totale d’énergie est estimée à 72%, chiffre qui pourrait être porté à 93% en équipant le bâtiment de panneaux solaires.
Un double système de plomberie a également été installé, afin de séparer les eaux plus ou moins sales. Les eaux les plus claires sont filtrées et utilisées pour l’arrosage de plantes, sélectionnées spécialement pour leur faible demande en eau et leur adéquation au climat. L’économie en eau ainsi est évaluée à 53%.
Construction intelligente, économie d’énergie et gestion de l’eau: l’AREE dresse un tableau où, malgré des conditions climatiques difficiles, il est possible dans le même temps d’assurer une qualité de vie optimale ainsi que de garantir un développement pérenne pour le pays.
Ce projet a été récompensé de 100 mille euros, en sa qualité de projet pilote dans la région méditerranéenne, dans le cadre du programme européen MED-ENEC, phase I, où dix projets ont été choisis comme de bons exemples de bonnes pratiques, permettant ainsi de développer des initiatives similaires dans le futur.
Voir le site: MED-ENEC

Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie








