L’Égypte se dote de bâtiments publics écologiques

Il est traditionnellement difficile d’adapter le parc immobilier public aux technologies vertes. L’Égypte a toutefois réalisé un projet pilote, avec l’aménagement de bâtiments administratifs en climatisation solaire, à la pointe sud du Sinaï.
Julien Théron - Eurojar
L’Égypte se trouve au centre de la ceinture terrestre favorable à une exploitation de l’énergie solaire, c'est-à-dire où l’ensoleillement direct dépasse les 2000 kWh/m²/an. Partant de ce potentiel non-négligeable, le projet MED-ENEC a proposé d’équiper les bureaux du Gouvernorat du Sud Sinaï de systèmes de climatisation solaire. D’après le Plan Bleu des Nations Unies, en 2007, la technologie solaire était déjà appliquée par 200 000 chauffe-eau solaires dans le pays. L’idée est donc d’étendre cette dynamique à la climatisation solaire à un bâtiment couvrant un espace de plus de 560 m² de bureaux.
Cette technologie du «froid solaire» a été réalisée par la mise en place de trois refroidisseurs à absorption, accompagnés de 82 m² de tubes collecteurs. Afin de garantir l’efficacité du système de refroidissement, une isolation thermique du toit, des fenêtres calfeutrées, des pare-soleil ainsi que des détecteurs de mouvement pour le contrôle de la lumière ont également été mis en place. Et le système se révèle efficace, puisqu’une réduction de 47% d’économie d’énergie a été enregistrée. Le Dr Heinz-Jochen Poremski, chef d’équipe du programme MED-ENEC II, le confirme: «la technologie de climatisation solaire est démontrée avec succès dans ce projet pilote.»
La climatisation solaire, compétitive?
Pourtant le surcoût de l’opération amène à penser le Dr Poremski que «la faisabilité économique n’est pas encore satisfaisante à cause d’un coût relativement haut de cette technologie innovante –comparée à la climatisation conventionnelle– ainsi qu’à cause du prix de l’énergie relativement bas en Égypte.»
C’est la raison pour laquelle Mahmoud Shaban, de l’Association Égyptienne pour l’Énergie et l’Environnement, en charge du design, de l’installation, de la mise en fonction et de la maintenance, décrit le projet surtout comme un «succès technologique.» Pour le Dr Shaban, la solution la plus efficace, pour rendre compétitives les technologies respectueuses de l’environnement, consiste à «minimiser les subventions aux énergies fossiles.»
Heinz-Jochen Poremski est quant à lui tout à fait optimiste en ce qui concerne les potentialités de marché de cette technologie. «La climatisation solaire, affirme-t-il, va être compétitive très bientôt, grâce à l’augmentation des prix de l’énergie et à la réduction des coûts à travers de la recherche et du développement ainsi que d’un déploiement à grande échelle.»
Et il est possible de promouvoir cette technologie de pointe. Une subvention pour ce type d’équipement pourrait réduire le temps de retour des investissements de trente ans à moins de six ans et demi, les coûts de fonctionnement énergétique du bâtiment étant ensuite largement inférieurs à ceux d’un bâtiment conventionnel. Il pourrait donc se révéler intéressant pour l’État égyptien de réduire les subventions aux énergies fossiles, ce qui permettrait de soutenir les énergies propres et ce qui pourrait permettre d’équiper les bâtiments publics à grande échelle.
Le savoir-faire s’est révélé être une pièce maîtresse du dispositif. Mahmoud Shaban considère en ce sens la coopération euro-méditerranéenne comme tout à faire positive, car elle a permis de «transférer le savoir-faire à moindre coût.» Par ailleurs, l’importation du matériel d’isolation a été faite à partir du Japon, alors que les refroidisseurs et tubes collecteurs provenaient d’Europe et de Chine. Le coût de cette importation n’est pas sans effet sur la rentabilité d’un tel projet. Le développement du marché permettrait très certainement une baisse substantielle du coût unitaire de ces importations grâce à une économie d’échelle, voire même dynamiserait le développement d’une production locale.
L’émergence de ce secteur servirait ainsi non seulement à l’équipement des immeubles de bureaux et des logements privés en équipements écologiques et économes en énergie, mais également au développement économique et des capacités technologiques du pays.
Voir le site: MED-ENEC

Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie








