Jordanie: recherche et business se tendent la main
En tant que pays associé, la Jordanie a accès à des financements européens très divers. Par le biais du SRTD (Support to Research and Technological Development and Innovation Initiatives and Strategies in Jordan), le pays peut booster le secteur de la recherche.
Angélique Férat - Amman, L’Orient-Le Jour
Le programme SRTD (4 millions d'euros) vise à promouvoir l'innovation et la recherche appliquée. En Jordanie, il a débuté en Jordanie en 2007 et se terminera à la fin de l'année. Une première coopération avait eu lieu dès 2002 et avait permis la mise sur pied de cinq incubateurs d'entreprises, dont un I-parc tourné vers les technologies de l'information. Il y a cinq ans, l'idée d'incubateurs d'entreprises était nouvelle en Jordanie. Il a fallu expliquer et former. Des efforts qui furent payants. Aujourd'hui, le concept est accepté et compris et la Jordanie compte 8 incubateurs. Mais le grand changement est ailleurs, il tient en les prémices d'une collaboration suivie entre universités et monde de l'entreprise. Aujourd'hui, 52 personnels de liaison du programme SRTD sont dans les universités ou les entreprises. Leur travail a été crucial pour créer un pont et établir un lien entre chercheurs et entreprises jordaniennes.
Développer la recherche appliquée est l'ambition même du programme SRTD. L'incubateur al-Hassan Industrial Estate à Irbid illustre bien les succès du SRTD en Jordanie. Cet incubateur fut créé en 2006. Il est le premier incubateur jordanien à faire partie du réseau européen des centres de soutien aux entreprises innovantes (EBN) (European Business and Innovation Centre Network). Ce réseau a été créé en 1984 et aide au développement de pépinières d'entreprises à l'intérieur et à l'extérieur de l'Union européenne. Selon Reeham Gharbiyeh, la responsable de l'incubateur al-Hassan Industrial Estate d'Irbid, la création de l'incubateur fut simple. Un dossier a été déposé, il a été retenu. «Notre point fort, c'est que nous avons travaillé selon un modèle simple mais efficace : nous aidons les jeunes entrepreneurs à se faire connaître du gouvernement, des universités, des chambres de recherche. Nous sommes un point de rencontre, un facilitateur. Nous sommes au centre de ce réseau car les starts-up ne peuvent grandir sans aide et réseau. C'est une question de mise en contact», explique-t-elle. «Nous avons aujourd'hui 14 jeunes entreprises sous notre aile. Bien sûr, l'argent que certains ont reçu du programme SRTD est important, mais le réseau, l'aide, la formation sont cruciaux lorsque vous démarrez un projet. Tout cela, nous l'avons développé avec le soutien de l'Union européenne», ajoute-t-elle.
L'incubateur d'Irbid est particulièrement fier de deux projets développés avec des universités jordaniennes. Le premier concerne une turbine à vent sur lequel l'université de Yarmouk et l'université JUST (Jordanian University of Science and Technology) ont travaillé. Le second concerne un jeune entrepreneur qui a développé un programme informatique pour contrôler à distance des tableaux de commande. Il a signé un contrat avec la compagnie d'électricité et la compagnie des eaux d'Irbid. Son programme permet aux techniciens de passer des ordres par téléphone mobile. La commande informatique est un simple code envoyé par SMS. Cela permet un gain de temps notable et permet surtout de dépanner rapidement des réseaux situés dans des zones difficilement accessibles. Les deux projets avaient été développés en tant que projets de recherche par des étudiants. Aujourd'hui, ils ont trouvé un débouché commercial.
De l'aveu même des responsables du programme SRTD, le partenariat n'a pas été évident. Ils soulignent la différence de mentalité entre les chercheurs jordaniens et le monde du business. L'université jordanienne a jusqu'ici valorisé la recherche pure, et non la recherche appliquée. Mais, en trois ans, les choses ont bougé. La participation au programme augmente. Les universités reconnaissent maintenant l'importance du travail de la personne contact du SRTD.
Reeham Gharbiyeh, la responsable de l'incubateur d'Irbid est très confiante. Pour elle, le programme va se développer car les universités sont plus ouvertes, elles ont compris que travailler avec le monde de l'entreprise permet aussi de récolter de l'argent pour développer des projets de recherche. David Tee, le consultant européen du SRTD, est également satisfait des progrès réalisés, mais il n'en souligne pas moins le chemin qui reste à faire. «Ces deux mondes ne sont pas habitués à travailler ensemble. Nous sommes en train de mettre en place un centre de la propriété intellectuelle. L'idée n'est pas très claire pour beaucoup de Jordaniens. Il faut absolument protéger le travail intellectuel, la recherche et l'investissement qui sont derrière toute nouveauté commerciale», explique M. Tee.
Comme beaucoup de pays du Moyen-Orient, la Jordanie voit foisonner les contrefaçons et copies de logos ou de produits. Une pratique qui peut porter préjudice aux entrepreneurs jordaniens. Pour soutenir le transfert de propriété intellectuelle des chercheurs à l'industrie, des bureaux de transfert de technologie ont été établis, ajoute M. Tee, «dans le centre national de recherche agronomique, à la Chambre d'industrie d'Amman, dans le bureau de développement et de design du roi Abdallah, ou encore dans le centre jordanien de l'innovation. Ce réseau devrait faire évoluer la situation».
L'incubateur d'Irbid montre néanmoins que la Jordanie n'est pas réfractaire au partenariat Université-Business. «Le programme a été très positif dans notre pays», insiste Reeham Gharbiyeh. Elle regrette toutefois le manque d'envergure des projets. «Ici, peu de gens voient large. Beaucoup des projets qui sont présentés sont des projets d'envergure locale visant à subvenir aux besoins de la famille. C'est très bien, mais nous avons besoin aussi de projets plus ambitieux. En envoyant nos jeunes entrepreneurs en Europe pour se former ou participer à des foires ou expositions, ils peuvent comparer, s'inspirer, affiner leur projet», conclut-elle.
Consulter la fiche projet: Appui à la Recherche, au développement et à l’innovation technologique (Jordanie)

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Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie








