Jeunes en difficulté dans l’école publique

Entre 2006 et 2009, près de 700 enfants des écoles publiques libanaises ont renoué non seulement avec la réussite, mais aussi avec les valeurs citoyennes et la confiance en soi. Un succès rendu possible par le projet «Jeunes en difficulté» de l'association libanaise Mouvement social, financé par l'Union européenne.
Diala Gemayel - Beyrouth, L’Orient-Le Jour
«Notre premier projet financé par l'Union européenne a commencé en 2001-2002, quand nous avons présenté le projet Jeunes en difficulté (JED), avec notre partenaire français et chef de file auprès de la Commission européenne, l'association Comité catholique contre la faim et pour le développement - Terre d'avenir», explique Fayrouz Salameh, la responsable exécutive de Mouvement social. «En tant que maître d'œuvre du projet, nous proposions de nous attaquer à deux volets: professionnel d'abord, pour que les jeunes puissent apprendre un métier; social ensuite, pour sensibiliser ceux-ci à leurs droits et leurs devoirs dans le monde du travail».
L'expérience s'est étalée sur trois ans et a révélé «d'autres fractures», parmi lesquelles le décrochage scolaire des très jeunes, les 11-14 ans. «Nous avons alors lancé une étude, financée par l'Union européenne, sur ce phénomène», poursuit Mme Salameh. «Et, en avril 2006, les résultats de l'enquête nous ont montré la nécessité de la prévention dans les écoles publiques. En effet, les classes révélatrices du décrochage que sont EB4 (8e ou CM1) et EB8 (4e) équivalent, dans la première, à l'apparition du système de notes, et dans la seconde, au changement de la langue de l'enseignement - de l'arabe à l'anglais ou au français en matières scientifiques.»
Entre avril et juillet 2006, Mouvement social a initié un projet-pilote dans deux écoles publiques. «Nous voulions montrer l'importance d'une approche globale sur le décrochage scolaire par un renforcement en langues étrangères et en matières scientifiques, sans perdre de vue notre premier objectif: la formation socioprofessionnelle et le renforcement socio-économique.»
Renforcement de l'implication des parents
À l'issue d'un deuxième projet avec l'UE, le Mouvement social a mené son action, de janvier 2007 à décembre 2009, dans 16 écoles publiques particulièrement touchées par le décrochage scolaire. Grâce à l'engagement des directeurs d'école et des enseignements, à la présence d'un psychologue et d'une assistante sociale, les élèves ont pu bénéficier d'un renforcement scolaire en langues étrangères et en matières scientifiques. «Nous avons aussi proposé aux élèves nos Clubs de citoyenneté, qui ont comme objectif de rendre l'élève acteur de son environnement. Il y a eu un changement radical chez les élèves, qui se sont responsabilisés», se réjouit la responsable.
Antoine Samiia, directeur de l'école publique de Abra, dans le caza de Saïda, a été approché par l'antenne locale du Mouvement social en 2007. «En accord avec nos comités de parents et nos enseignants, nous avons ouvert les classes les vendredis, jours de congé, aux activités de l'association jusqu'en décembre 2009.»
Dans son établissement, qui compte 710 élèves (du préscolaire au brevet), les enfants en difficulté ont également bénéficié des colonies de vacances organisées par les volontaires. «Le principal avantage de notre collaboration s'est situé au niveau du contact avec les parents d'enfants en décrochage scolaire», précise Antoine Samiia.
Conscient de la nécessité d'une approche globale du problème du décrochage scolaire d'une part, et de l'engagement de la société civile d'autre part, le Mouvement social a œuvré au lien entre l'école et la municipalité: «Il faut savoir que la municipalité a le droit de superviser l'école, publique comme privée», rappelle Fayrouz Salameh. Huit comités municipaux se sont donc formés, chacun prenant en charge un dossier-clé autour du décrochage scolaire: violence, droit, etc. En décembre 2007, ils ont présenté leurs observations lors d'un forum sur le décrochage scolaire, en présence du ministère de l'Éducation. Et lors du deuxième forum de décembre 2009, les compétences acquises comme non acquises des élèves ont été recensées.
En présence de la Délégation de l'UE à Beyrouth qui, précise Mme Salameh, «a pu constater l'expérience de la société civile et la nécessité de faire bouger les choses au ministère», la rencontre a de nouveau prouvé combien l'éducation, au niveau étatique, a besoin de la société civile. «Surtout que le Liban s'est engagé à une contribution effective dans la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement de 2015. Ce qui signifie que le Liban doit obtenir un niveau d'alphabétisation de 100% dans cinq ans», précise en conclusion la responsable du Mouvement social.
Consulter la fiche projet: Action en faveur des jeunes (Liban)

On ne peut qu’estimer carrément les travaux de l’association (JED), surtout pour son intervention auprès des jeunes en difficultés scolaires. Au Liban, on a besoin de ce genre d’initiatives socio-éducatives. Les ressources humaines ne manquent pas. Ce qui manque, cependant, c’est le partenaire officiel qui appuierait leurs projets, loin des occupations confessionnelles et politiques. C’est ce partenariat fécond qui a fait la réussite du projet, à mon avis. Et vers plus de collaboration!
Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









L’intégration des mineurs étudiants des écoles officielles dans le noyau de la culture européennes aura sans doute un grand profit sur le développement de leur entourage, et leur offre une chance de faire apparaitre l’intelligence cachée par la pauvreté et les problèmes sociaux. Ces jeunes trésors enterrés par l’injustice économique ont longtemps attendu leur exploration par le gouvernement qui n’avait, lui-même, aucune occasion de résoudre ses crises. Ce projet doit ouvrir une fenêtre illuminée dans le chemin de ces jeunes qui devraient améliorer leur pays et le conduire vers une nouvelle culture Euro-Arabe.