11 millions € pour le développement rural en Algérie
La réduction de la pauvreté en milieu rural en Algérie est l’objectif poursuivi par le gouvernement algérien, avec l’aide de l’Union Européenne. Le but est de garder les habitants de ces régions sur place, tout en améliorant les conditions de vie sociales et financières.
Basma Karasha - Alger, Eurojar
Le ministre algérien de l’Agriculture et du Développement Rural a lancé en 2000 l’exécution d’un plan national pour le développement. Cette initiative, baptisée «sécurité alimentaire durable», vise à soutenir le développement des zones rurales en Algérie et à réduire les migrations vers les villes. Le projet vise aussi à améliorer les conditions de vie des personnes et à diversifier leurs activités, tout en préservant les ressources naturelles. En 2007, l’Union Européenne (UE) a appuyé ce projet à travers un programme national de soutien pour le développement rural. Le budget total du projet est de 18 millions d’euros, dont 11 millions octroyés par l’UE.
L’initiative de l’Union européenne se base sur l’encouragement des personnes vivant en zone rurale à développer leur région. Ce développement est rendu possible à travers le soutien apporté aux petits projets et à travers la mise en place de sessions de formation visant à développer les activités rurales. Une évaluation du niveau de développement atteint est par la suite effectuée.
De tels efforts se sont concrétisés à Dhayet Bendhahoua, dans la province de Ghardaïa au sud, suite à une initiative de l’Association Ibdaa pour les femmes. Cette association a bénéficié du soutien financier de l’UE et a créé des ateliers de travail pour former les femmes rurales à la confection du tapis traditionnel, la zerbiya. L’achat de la production artisanale était aussi un pas important pour augmenter le revenu des familles pauvres et afin de préserver la production du tapis traditionnel, menacée de disparition en raison des circonstances économiques difficiles.
Une initiative sans précédant
La présidente de l’association, Weld Said Massouda, explique à Eurojar que «c’est la première fois qu’une association pour femmes reçoit un soutien financier dans la région. En fait, une mission de l’Union européenne a visité la région l’année dernière pour connaître les conditions de vie des populations rurales. Elle a suggéré la création d’une association pour accomplir un travail d’équipe afin de préserver la production artisanale». L’idée a mûri dans la tête de femmes responsables de ces créations artistiques. Elles ont travaillé sur un appel à propositions et ont réussi à obtenir quelque 4,6 millions de dinars algériens (40 mille euros) comme soutien financier à l’association.
La directrice explique que des femmes de différents âges et groupes sociaux (y compris des diplômées universitaires) travaillent dans cette association. Elles sont toutes en train d’apprendre les bases de la confection du tapis artisanal. L’association fournit les matières premières nécessaires. Le produit final est aussi acheté par l’association elle-même en soutien à cette production. La directrice explique que «nous n’avons imposé aucune condition sur les femmes qui veulent bénéficier de notre projet. Toutefois, la priorité est donnée aux veuves, aux divorcées et aux femmes dans le besoin».
Près de 300 femmes devraient bénéficier du projet. Toutefois l’obstacle principal auquel fait face cette activité est le prix croissant de la laine, principale matière première de cette production. Commercialiser ces tapis constitue un autre défi: de nombreuses familles, dépendantes de cette «profession de femmes», endurent toujours de problèmes sociaux et financiers ardus.
Il est intéressant de noter que le tapis traditionnel dans le village de Dhayet Bendhahoua se divise en deux catégories: le tapis standard, appelé «Al Azem», et «Al Nila». Ce sont les noms des principales matières premières dont ils sont fabriqués. Le premier tapis est abordable; son prix sur le marché est de 3000 dinars algériens (l’équivalent de 30 euros). Le deuxième, lui, est plus cher, dû aux prix croissants de la laine dont il est fabriqué. Il est vendu entre 100 et 200 euros.
Soutien à la gestion
La directrice de l’association explique que les experts de l’Union européenne sont en train de la former aujourd’hui sur les méthodes de gestion, surtout sur le plan financier. Elle ajoute qu’elle a acquis des concepts qui l’encouragent à aller de l’avant dans son projet.
Cette association est l’une des 32 associations, dans trois provinces algériennes, bénéficiant du soutien de l’UE: Bouira, M’sila et Ghardaïa. Dans cette dernière, un soutien a été apporté à douze associations dans les domaines de l’irrigation, le forage des puits, le stockage et la réfrigération, l’extraction d’huiles, le tissage et le bétail. L’amélioration des techniques de la collecte du lait et le développement de l’équipement agricole font aussi partie des objectifs de ce soutien.
Twati Sayed Ali, représentant du ministère algérien de l’Agriculture et du Développement Rural dans la province de Ghardaïa, assure que «le soutien aux associations dans le cadre du développement rural continuera même après la fin du projet. Une nouvelle phase de soutien, strictement algérien, devrait prendre en charge l’ensemble de ces associations».
N.B: Texte traduit de l’original arabe par l’équipe d’Eurojar
Consulter la fiche projet: Proximité rurale (Algérie)

Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie








