« SHAMS » transforme les déchets en engrais
Un projet financé par l’Union européenne établit une coopération entre des villes du Nord et du Sud pour mettre les déchets au profit de l’agriculture. L’idée, éprouvée par ailleurs, a réussi ici son démarrage.
Samira Sadfi - Tunis, Eurojar
La coopération entre six villes méditerranéennes dans le cadre de la protection de l’environnement connaît des avancées palpables, dans les villes touristiques de Mahdia et Sousse en Tunisie et dans la ville de Bosra en Syrie. Les villes de Rome et de Lille ont partagé leur expérience avec ces trois villes arabes pour mettre en place des plans pour la gestion des déchets et la formation du personnel municipal pour les trier avant de s’en débarrasser, dans le cadre d’un programme européen présidé par la région de Bruxelles.
Le projet a été lancé en 2006 dans le cadre de MEDPACT, programme européen pour le partenariat entre les autorités locales en Méditerranée, connu sous le nom de SHAMS (Sustainable Human Activities in Mediterranean Urban Systems).
Gianandrea Villa, expert européen de la société civile à la Délégation de la Commission Européenne en Tunisie, explique que l’Union Européenne a fourni 600 mille euros, soit 65% du coût du projet qui vise à établir des partenariats durables et à mettre en place un réseau d’échange d’expertises entre le nord et le sud, mais aussi entre les riverains du sud eux-mêmes. Les trois villes arabes avaient besoin d’un tel plan pour améliorer les performances municipales dans les domaines de la récolte des déchets et la préservation de l’environnement.
Mahdia est une ville du littoral, capitale de la dynastie des Fatimides pendant plus de 90 ans avant qu’elle ne se dirige vers l’Égypte pour fonder Le Caire au Xème siècle. Aujourd’hui, Mahdia attire un grand nombre de touristes maghrébins et européens annuellement. Il en est de même pour Sousse, à 60 km de Mahdia, et qui constitue un des centres balnéaires principaux en Tunisie. Enfin, Bosra ville historique et carrefour des caravanes entre Damas et le Hijaz, a connu un essor important au temps des Romains.
Expériences partagées
Le projet SHAMS vise à aider les autorités municipales dans les trois villes à faire en sorte que le développement économique et touristique soit accompagné d’une gestion intégrée et durable des déchets. Dans le cadre du plan, les techniciens travaillant dans les municipalités de Mahdia et de Sousse ont reçu une formation de la part d’experts dans la municipalité de Lille (nord de la France).
Dans le même cadre, un projet pilote pour la gestion des déchets organiques a été lancé dans les deux villes du littoral tunisien. Vingt grands conteneurs ont été dispensés pour récolter les déchets dans les hôtels, restaurants et écoles. Les responsables de ces établissements ont accepté d’opter pour le tri des déchets avant de s’en débarrasser.
De même, quatre techniciens des deux villes ont reçu une formation en Europe pour la transformation des déchets en engrais utilisé dans les pépinières municipales. La période expérimentale a été lancée au début à petite échelle. Le projet pilote de la ville de Mahdia a été lancé fin 2008, et devrait être clôturé à la mi-2009.
Partenariat Syro-Tunisien
En parallèle, des relations de coopération Sud-Sud ont été liées entre Mahdia et Sousse d’un côté et Bosra de l’autre. Elles se sont concentrées sur l’échange d’expériences et la formation de techniciens dans le cadre de visites de travail, en plus de la tenue d’une conférence à Mahdia en octobre passé axée sur « l’environnement urbain, le développement économique et le développement du tourisme dans le cadre d’un partenariat entre les secteurs privé et public ». Une base de données pour l’échange d’expériences au niveau local dans le domaine du développement urbain durable et un guide comportant des informations pratiques sur le projet ont été mis en place. Un site internet est en cours de construction.
Les leaders européens du projet espèrent que cette expérience constitue un premier pas vers le transfert des expériences entre les pays du sud, engendrant une intégration régionale dans le domaine du développement urbain durable. Elargir le cercle des coopérations entre les autorités locales de l’Union Européenne et de son voisinage du sud et de l’est est également le but du nouveau programme européen pour le partenariat entre les autorités locales dans la région du voisinage ENPI, soit le projet «CIUDAD».
N.B: Texte traduit de l’original arabe par l’équipe d’Eurojar

Jatropha, un puit de pétrole?
Le jatropha est un arbuste à fleurs rouges qui prolifère dans les zones semi-arides. Non seulement il est très résistant, mais il donne annuellement (pendant plus de trente ans) deux à trois kilos de fruits dont est tirée une huile facile à transformer en biodiesel. Chaque graine contenant environ 35 % d’huile, on pourrait donc produire 2 litres de carburant pour huit kilos de récolte. Les biologistes de l’Institut indien de l’énergie et des ressources espèrent même améliorer la productivité du jatropha en lui inoculant des microorganismes pour que les racines nourrissent encore plus la plante. On pense même fabriquer un jatropha génétiquement modifié ! L’avantage supplémentaire vu par ses thuriféraires, c’est que la culture ne grignoterait pas les terres de l’agriculture nourricière : le jatropha pousse dans des endroits habituellement délaissés. La page « Futurs » du journal Le Monde nous plonge ainsi dans les délices illusoires de l’espoir motorisé.
C'est génial !!! Faire d'une pierre deux coups : moins d'ordures, et des engrais utiles pour l'agriculteur... Bravo pour cette initiative.
Vos réactions
Depuis quelque temps, nous assistons aux pays méditerranéen à un éveil associatif, médiatique et même politique très important autour de la citoyenneté. Que signifie la citoyenneté, est elle un concept que nous pouvons apprendre aux autres, au jeunes spécialement, et par quel moyen pouvons nous réellement arriver à avoir un impact sur le comportement de chacun pour qu’il devient un meilleur citoyen. Le rôle de la famille est déterminant dans le faire valoir de la citoyenneté avant toute action de sensibilisation à l’égard des jeunes. Mais Avons-nous pensé à sensibiliser les parents, les faire adhérer aux activités de citoyenneté?
A propos de: Eurojar Episode 28: Responsabiliser la jeunesse méditerranéenne
Je me réjouis de cette nouvelle. L'Emir Abdelkader, grand homme de savoir, de paix et surtout de progrès aurait été certainement ravi de voir son ancienne demeure servir les causes pour lesquelles il se battait: l'éducation, l'échange entre les cultures et le progrès dans toutes ses formes.
Certes, les murs de cette maison sont lourds d'histoire et un musé aurait été une bonne chose mais au fond, l'Emir, homme spirituel qu'il était, avait rompu avec les choses matérielles de la vie et ce qui aurait peut-être compté pour lui c'est l'usage positif de cet endroit.
A propos de: Le palais Abdelkader se métamorphose en centre pour le développement durable
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie









Un projet qui vise l'intérêt du nord et du sud de la Méditerranée est bénéfique pour la protection de l'environnement. L'engagement de l'Europe pour aider les villes du sud - par des fonds et des experts en la matière - représente sa position à essayer de minimiser le plus possible les déchets qui dégagent trop de gaz carbonique surtout s’ils sont incinérés, ou pire encore, quand ils sont entassés sur des terres considérées comme fertiles, ce qui engendre la contamination des nappes phréatiques d'où on se procure de l'eau potable. Alors la solution se trouve dans la façon de collecter et de trier les différents types de déchets