Les réponses de M. Georges Abi Saleh

Biographie de M. Georges Abi Saleh
- • Georges Abi Saleh est Directeur de la Communication et des Relations Publiques à l’Association des Banques du Liban (depuis septembre 1994).
• Il est chargé de cours à l’Université Libanaise, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (Centre de langues et de traduction), ainsi qu’à l’Université Saint-Joseph, Faculté des Lettres et des Sciences Humaines (Master professionnel en information et communication).
• Il est traducteur d’une soixantaine de livres du français vers l’arabe.
• Ancien directeur de rédaction de la «La Pensée Arabe Contemporaine» (une revue de philosophie et de sciences humaines).
• Ancien secrétaire général du Mouvement Culturel - Antélias.
• Président de la Plateforme Civile EuroMed (un réseau d’une trentaine d’associations libanaises actives au niveau du partenariat euroméditerranéen).
• Membre du Conseil d’administration de la Plateforme Non-gouvernementale Euromed (un réseau de réseaux représentant des acteurs de la Société Civile dans les pays euroméditerranéens).
Réponses de M. Georges Abi Saleh
1. Comment les associations de la société civile peuvent-elles lutter pour réaliser les objectifs communs et améliorer la situation des sociétés méditerranéennes?
Le meilleur moyen de renforcer l’efficacité des organismes de la société civile réside dans la coordination et la mise en place de réseaux. Au niveau local ou national, il existe un intérêt certain à coordonner les efforts des organismes et associations travaillant dans un même secteur, comme l’environnement, le développement local, le soutien aux personnes handicapées, les droits de l’Homme, l’égalité des genres… Sur un plan euro-méditerranéen, de réels acquis peuvent être obtenus grâce à la conjugaison des efforts des associations, selon leur domaine d’action, notamment au niveau de l’échange d’expertise et de la réalisation de projets communs. D’où l’importance et l’efficacité de la mise en place de réseaux sectoriels spécialisés à tous les niveaux (local et national). Les réalisations seront d’autant plus importantes, les campagnes plus efficaces, les projets plus réussis et les objectifs plus accessibles à mesure que les capacités, les ressources et le savoir-faire sont partagés.
2. Comment les individus et les associations de la société civile peuvent-ils pratiquement bénéficier du financement des activités par les programmes européens?
Les individus profitent généralement de manière indirecte à travers la réussite des projets exécutés par la société civile. Quant aux associations, leurs chances de bénéficier de tels financements sont tributaires de plusieurs facteurs: d’abord le niveau de clarté des objectifs du projet ou du programme à financer; puis la présence de ressources humaines compétentes et d’une infrastructure organisationnelle nécessaire pour la gestion du programme ou la coordination des activités, le suivi et l’évaluation. Malheureusement, certaines associations sont parfois involontairement mises à l’écart des programmes européens car elles manquent d’expérience suffisante pour élaborer un dossier de projet, ou de fonds pour payer un «expert» indépendant qui prendrait en charge la préparation de ce dossier. C’est pourquoi les administrations européennes, qui collaborent avec la société civile, devraient simplifier les procédures et les conditions liées à la qualification, et permettant d’accéder à un financement. Il faudrait de même mettre en place des sessions de formation pour les cadres des associations sur la façon de préparer un dossier de projet, surtout pour les associations qui possèdent déjà une légitimité, une crédibilité et une expérience dans leur domaine, et ceci afin de s’assurer que le financement européen aille dans la bonne direction et aboutisse à l’objectif fixé.
3. Les associations civiles arabes sont-elles solidaires de manière générale, ou souffrent-elles des mêmes maux qui caractérisent la sphère politique dans le monde arabe?
Il faut avouer que la marge de manœuvre des organismes de la société civile par rapport aux autorités dans les pays arabes est très étroite, ce qui réduit ainsi le champ d’action de ces organismes. Ceci se manifeste au niveau interne dans tous les pays arabes, même si on ne peut nier l’existence de différences entre un État et un autre selon la nature des régimes politiques en place. Mais la situation est différente sur le plan régional. L’expérience montre en effet qu’il existe des possibilités importantes de solidarité entre les associations arabes pour coordonner les positions et la mise en place de projets ou de programmes communs ou la défense de causes communes, comme la paix juste et durable dans la région du Moyen-Orient et la résolution du conflit israélo-arabe. Ces sujets font en général l’objet d’une quasi-unanimité auprès des représentants de la société civile, notamment des militants dans le cadre de la Plateforme Non-gouvernementale Euromed.
4. Dans quels domaines les organisations de la société civile sont-elles les plus efficaces dans le cadre des relations euro-méditerranéennes?
La déclaration de Barcelone comporte trois volets: renforcer la paix et la sécurité, soutenir le développement économique et consolider le système financier, et enfin réaliser un partenariat aux niveaux social et culturel, notamment en encourageant le dialogue et l’échange entre les composantes de la société civile. Ces volets sont tous prioritaires. Une attention particulière doit cependant être prêtée à la paix dans la région, une condition nécessaire au lancement d’autres volets, comme la démocratie, les droits de l’Homme, le développement économique durable, l’environnement et le changement climatique, la femme, les jeunes, l’émigration, les catégories marginalisées, le développement rural, l’enseignement et la santé… Ces sujets doivent être traités par la société civile avec rigueur et sérieux, vu le grand retard accumulé à tous les niveaux dans les pays du sud de la Méditerranée et le fossé qui les sépare des pays du nord dans tous ces domaines. Il faudrait donc œuvrer à équilibrer le partenariat euro-méditerranéen comme condition sine qua non pour arriver à davantage de stabilité et de bien-être, sur les deux rives de la Méditerranée.
5. Comment peut-on convaincre les responsables des gouvernements et des régimes des pays arabes, pour la plupart totalitaires, du rôle vital de la société civile?
Il existe une double responsabilité dans ce domaine. La première incombe aux organismes de la société civile qui devraient opter par les différents moyens de pression démocratiques, d’une part pour prouver leur crédibilité et leur engagement dans l’application des principes qu’elles défendent, d’autre part pour renforcer leur rôle et augmenter le rendement de leurs initiatives, projets et activités. Ceci peut se faire notamment en mettant en place des réseaux de coordination des positions et des programmes communs, et en s’éloignant de l’individualisme qui a pour résultat de fragmenter les efforts, d’affaiblir l’action et de diminuer son efficacité. La deuxième responsabilité incombe aux autorités européennes - communautaires et dans chacun des pays - qui doivent elles aussi respecter leurs engagements concernant le contenu de la charte de Barcelone, et ne pas sacrifier les slogans de démocratie, des droits de l’Homme et de paix juste et durable… rien que pour renforcer les échanges commerciaux et obtenir de plus grands marchés. En effet, l’Europe passe parfois sous silence des violations criantes de ces principes et valeurs, commises par des régimes arabes totalitaires, afin d’augmenter les exportations européennes vers ces pays.
6. Jusqu’à quel point pouvons-nous parier sur la société civile arabe pour renforcer la culture des droits de l’Homme lorsque certains principes religieux sont en contradiction avec l’idée de droit, de justice sociale et de genre social?
Les sociétés occidentales ont connu des décennies de guerres civiles ou régionales avant d’adopter des constitutions laïques, d’asseoir des valeurs humaines et d’établir un État civil, régi par le principe de l’égalité des citoyens dans les droits et les devoirs quelle que soit leur appartenance ethnique, religieuse, confessionnelle… Les sociétés arabes ne doivent pas pour autant passer nécessairement par des épisodes sanglants avant de pouvoir accéder à l’État civil ayant des lois séculières, avec des concepts de démocratie, d'égalité et de droits appliqués dans l’ensemble de leurs dimensions politique, sociale et économique. Mais la montée en puissance des courants religieux fondamentalistes et les conflits confessionnels qui s’enveniment parfois dans plusieurs régions du monde arabe n’augurent rien de bon, ce qui augmente les responsabilités des organisations de la société civile, dans un contexte qui n'encourage pas au changement politique progressif par des moyens démocratiques et à travers des partis organisés. Les ONG deviennent ainsi un levier pour un tel changement, en exploitant toutes leurs marges de manoeuvre et les tribunes médiatiques disponibles.
7. Comment se fait la coopération entre la société civile arabe et européenne dans un contexte d'extrémisme religieux dans les sociétés arabes, qui diabolise les pays occidentaux, d’une part, et d'autre part les Européens qui considèrent les sociétés arabes comme terroristes, haïssant l'Europe et voulant sa disparition?
La seule voie est celle du dialogue et de l'échange de points de vue, dans le but, dans un premier temps, de comprendre l'autre, ses hantises, ses appréhensions, le tranquilliser et trouver un climat de confiance mutuelle; la deuxième étape consiste à trouver des dénominateurs communs et à se retrouver autour de valeurs humaines transcendant les religions et les races. D’où l’importance de mettre le «dialogue culturel» à l’ordre du jour des activités de la société civile, ses forums, ses conférences, qui se tiennent dans l’espace euro-méditerranéen. Durant ces rencontres, il s’agit de souligner et de mettre en valeur les similitudes entre les différentes civilisations et à l’intérieur du patrimoine régional méditerranéen, afin de dégager les points de convergence, avec la possibilité de vivre ensemble une paix constructive et fructueuse, loin des sujets de discorde et des conflits sanglants, destructifs et vains.
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Plus d'informationsVos réactions
Il me semble que le mal est plus profond. Une évaluation sincère du système de formation professionnelle en Algérie donnerait des résultats très décevants.
Par ailleurs; il y a lieu d'inclure la formation professionnelle privée qui n 'est pas très encouragée, surtout dans les régions intérieures du pays. Trop de bureaucratie, de gestion médiocre, de manque de motivation des agents en charge de la formation professionnelle.
A l'image de tous les autres secteurs. Les déclarations publiques, verbales, ne suffisent pas. Il y'a lieu de se demander si l'Union européenne n'est pas en train de gaspiller de l'argent pour rien. Peut être pour des raisons politiques.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie
C'est un projet important et ambitieux. L'UE lui a accorde le plus important des crédits accordes aux pays méditerranéens! Malheureusement, la gestion du projet cote algérien, a été lamentable surtout a son lancement! Par laxisme, les autorités concernées ont réagi tardivement et par la suite, la gestion n'a été que médiocre. Ce qui a amené la partie européenne a réviser le financement.
A propos de: Développement de la formation professionnelle en Algérie
un conseil à tout les internautes d'eurojar, depuis ma découverte de ce site, il ne cesse de me déranger!! la majorité des articles révèle un niveau très bas dans le domaine des relations internationales, surtout entre le nord et le sud, le monde occidental et le reste, le monde industrialisé et le reste, mais pour le moment restant dans notre bassin, c-à-d, les deux rives, les internautes applaudissent ce que font les européens en faveur des sudistes!
A propos de: L’UE aux côtés des familles rurales en Palestine



